Une archive familiale tournée lors d’un mariage à Barcelone relance une question fascinante : le grand architecte Antoni Gaudí a-t-il été filmé de son vivant ? Les spécialistes invitent à la retenue.
À l’approche du centenaire de la disparition de Antoni Gaudí, une découverte inattendue agite les cercles patrimoniaux barcelonais. Une courte séquence amateur, datée de 1922, montre un homme âgé quittant une église du centre-ville après une cérémonie de mariage. Silhouette fine, barbe blanche, allure reconnaissable : certains y voient le créateur de la Sagrada Família.
Une découverte transmise à l’historienne
Les descendants du mariage Costa-Artigas ont contacté l’historienne Beli Artigas après la publication d’un article sur la maison Costa de Sitges. « Ils m’ont raconté qu’ils possédaient un film de la noce de leurs grands-parents où apparaissait Gaudí », précise Artigas à l’agence d’information espagnole EFE, ajoutant que son nom de famille n’a aucun lien avec celui des mariés. C’est grâce à ce partage des héritiers que la séquence a été publiée sur son blog, tout en laissant ouverte la question de l’identification.
Entre hypothèse et analyse
Le film montre l’homme traversant le plan, s’arrêtant un instant avant de disparaître. Artigas parle d’un jeu d’archives, visant à susciter la recherche de preuves complémentaires, documents ou photographies, pour confirmer la présence du maître moderniste.
Certains observateurs, comme Jan X.C., architecte et auteur du compte Efemèrides d’Arquitectura (Éphémérides de l’architecture) sur le réseau X, dédié à l’histoire et aux événements liés à l’architecture, comparent les photogrammes à des clichés connus de Gaudí et se montrent affirmatifs. À l’inverse, la Cátedra Gaudí (la Chaire Gaudí) de Barcelone, dirigée par Galdric Santana, insiste sur la prudence et rappelle qu’une analyse scientifique approfondie serait nécessaire pour confirmer l’identification.
Au-delà de l’anecdote
Si la présence de Gaudí à cette cérémonie était confirmée, elle renforcerait l’idée de liens étroits avec la famille Costa-Artigas, étayant l’attribution du Jardins de Can Artigas au génie catalan. Pour l’heure, Barcelone observe ces trois secondes d’images comme une apparition fascinante, mais non vérifiée.