La Chambre de commerce de Barcelone propose de réintroduire un système de tarification sur les autoroutes espagnoles, cinq ans après la suppression des péages en Catalogne. Le but ? Financer l’entretien d’un réseau routier de plus en plus détérioré.
Mardi 17 février , la décision est tombée : le retour du paiement à l’usage sur les autoroutes et voies rapides en Espagne est désormais envisagé. L’institution plaide pour un modèle fondé sur les principes européens du « qui utilise paie » et « qui pollue paie », afin de garantir « le bon entretien et l’amélioration des routes ».
Selon la Chambre, la fin des péages en 2021 sur plusieurs axes catalans a provoqué une hausse significative du trafic. L’AP-7, principal corridor méditerranéen, fonctionne désormais à la limite de sa capacité, avec une augmentation de 37 % du trafic de véhicules légers et de 55 % pour les poids lourds. Cette pression accrue s’ajoute à « un déficit croissant d’investissement dans la conservation routière ». Plus de la moitié des routes relevant de l’État et de la Catalogne présenteraient un état « grave ou très grave ».
Trafic en hausse et routes dégradées
« Sans modèle de financement stable, la dégradation du réseau continuera d’augmenter, avec des impacts négatifs sur la compétitivité, la sécurité et la mobilité des personnes et des marchandises », avertit l’organisation. Elle défend un système de tarification proportionnel aux kilomètres parcourus, estimant que la vignette forfaitaire ne devrait constituer qu’une solution transitoire.
La Chambre de commerce plaide également pour que l’ensemble des routes encore gérées par l’État soit transféré au Gouvernement de Catalogne, afin d’assurer une ‘gestion intégrale’ du réseau, tout en conservant la responsabilité des investissements majeurs au niveau national.
Un débat impopulaire aux enjeux politiques
Le retour des péages suscite des réticences, mais il est jugé indispensable. Leur suppression avait été saluée comme une avancée sociale, tandis que leur réintroduction exige un véritable courage politique, comme le souligne le journaliste José Antich dans une tribune publiée dans El Nacional Cat. Le déficit d’entretien du réseau routier engendre un cercle vicieux : chaussées abîmées, accidents fréquents et trajets rallongés. Pour de nombreux automobilistes, le coût réel supporté dépasse celui qu’un péage aurait impliqué.
Dans un contexte budgétaire contraint pour l’État, la question du financement des infrastructures routières pourrait ainsi revenir au centre du débat public.