Le ton monte entre le Président américain et le Premier ministre espagnol suite à la décision de Pedro Sánchez d’empêcher l’utilisation des bases militaires andalouses par l’armée américaine.
Une intervention « injustifiée, dangereuse et contraire au droit international ». Ainsi a qualifié Pedro Sánchez l’intervention américaine et israélienne en Iran ce week-end, expliquant : « on peut être à la fois contre le régime odieux de l’Iran et contre l’intervention militaire ». Le chef du gouvernement espagnol a, dans la foulée, refusé l’utilisation de ses bases par les militaires américains, malgré un accord de collaboration signé il y a plus d’un demi-siècle entre les deux nations.
Une fois de plus, Pedro Sánchez se place en exception européenne, voire occidentale, en s’opposant frontalement à Donald Trump. L’été dernier déjà, il s’était illustré en refusant d’augmenter le budget national de la défense, contrairement aux demandes américaines. Une position qui lui avait valu de remotiver la gauche autour de lui et de remonter dans les sondages.
Selon une récente enquête de l’institut YouGov, 66% des Espagnols ont une opinion défavorable des Etats-Unis, 20 points de plus qu’au début du second mandat de Donald Trump. En tenant tête au leader américain, Pedro Sánchez renforce son image publique dans les frontières intérieures, mais aussi sur la scène internationale où il ambitionne de devenir l’opposant officiel du Président américain.
Les relations commerciales dans le viseur américain
Mais Donald Trump n’a pas l’intention de se laisser faire. Il a indiqué hier avoir ordonné de couper court à toutes les relations commerciales avec l’Espagne, qu’il considère comme un allié « terrible ». C’est la vice-présidente Yolanda Diaz qui lui a répondu sur le réseau social Bluesky : « L’Espagne n’accepte pas les chantages ni les leçons d’un pays agresseur. Nous sommes un pays de paix. Si les Etats-Unis veulent un allié, qu’ils commencent par respecter notre souveraineté et le Droit international ». Le gouvernement espagnol a également rappelé que les règles commerciales étaient fixées par l’Union européenne, qui elle-même a assuré qu’elle veillait toujours aux intérêts de ses membres.
Les secteurs économiques, eux, ont exprimé leur « profonde inquiétude ». Le principal syndicat de patrons CEOE a expliqué dans un communiqué : « comme à d’autres occasions, nous souhaitons souligner que les États-Unis sont un pays ami et un partenaire fondamental d’un point de vue économique et politique, et nous avons confiance dans le fait que nos relations commerciales ne seront finalement affectées d’aucune manière ».
« Une fois de plus », ajoute l’organisation, « nous estimons que, dans le contexte actuel d’incertitude internationale, il est plus nécessaire que jamais d’agir de concert avec l’Union européenne pour définir une position et adopter des décisions de nature transnationale, et nous espérons que le gouvernement saura réorienter cette situation. »
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