Le gouvernement espagnol fait un pas de plus dans son opposition à la guerre au Moyen-Orient en fermant son espace aérien à tous les avions participant à l’opération militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Le Premier ministre Pedro Sánchez avait annoncé la semaine dernière que tous les plans de vol liés à la guerre en Iran avaient été rejetés, y compris ceux des avions ravitailleurs. En pratique, l’Espagne interdit donc le survol de son territoire par les bombardiers ou les appareils de soutien engagés dans cette guerre. Le gouvernement refuse également, depuis le début du conflit, l’utilisation des bases américaines de Rota (Cadix) et Morón (Séville). Une seule exception est prévue : les situations d’urgence, qui pourraient autoriser un transit ou un atterrissage.
Cette position ne remet pas en cause les missions habituelles liées au cadre bilatéral avec Washington. Les activités logistiques pour les troupes américaines stationnées en Europe se poursuivent normalement. Certains bombardiers américains continuent aussi leurs opérations sans entrer dans l’espace aérien espagnol, notamment en passant par le détroit de Gibraltar, que Madrid ne peut pas contrôler.
Selon des sources citées par les médias espagnols, les discussions entre Madrid et Washington ont été intenses avant le lancement de l’offensive. Les États-Unis avaient envisagé de déployer des bombardiers B-52 et B-1 sur la base de Morón. L’Espagne a refusé de collaborer à une opération ne bénéficiant pas d’un cadre juridique international ni du soutien d’organisations comme l’ONU, l’OTAN ou l’Union européenne. Le projet américain a finalement été retiré avant toute demande officielle.
Complications pour les vols militaires
Les avions ravitailleurs américains déployés à Rota et Morón ont été redéployés vers d’autres bases en Europe, notamment en France ou en Allemagne. Ces appareils sont essentiels pour permettre aux bombardiers d’allonger leur rayon d’action. Leur départ a donc modifié l’organisation des opérations militaires. Washington a ensuite cherché une alternative pour ses bombardiers en Europe. Les appareils ont finalement été déployés sur la base britannique de Fairford. Depuis ce site, les avions doivent parcourir des trajets plus longs et plus complexes, parfois en contournant la péninsule ibérique lorsque le survol de l’Espagne n’est pas autorisé.
Militairement, cette décision espagnole complique la logistique. Les ravitaillements en vol doivent désormais être effectués plus loin et dans des conditions parfois plus risquées. Les itinéraires sont allongés et l’organisation des missions devient plus contraignante.
Le gouvernement espagnol continue de refuser toute participation directe à une guerre jugée illégale, tout en continuant à honorer ses engagements de défense dans le cadre de l’OTAN et de l’Union européenne. Des navires américains basés à Rota participent notamment à la défense contre des missiles iraniens, et une batterie espagnole déployée en Turquie continue de surveiller les menaces aériennes.





