Dans l’ombre des pins de Collserola, la capitale catalane redonne vie à ses oliviers et produit sa propre huile d’olive extra vierge. Un projet qui réunit patrimoine, écologie et innovation.
Barcelone s’est découvert un nouveau trésor en la personne de son huile d’olive. Longtemps abandonnés, les oliviers du massif de Collserola renaissent aujourd’hui pour donner naissance à une production locale inédite. Derrière cette initiative, un objectif clair : transformer ces arbres oubliés en symbole d’un renouveau agricole et écologique aux portes de la ville.
Tout remonte à un épisode climatique extrême. En février 1956, une vague de froid historique frappe la Catalogne, gelant jusqu’aux fontaines de Barcelone. Les cultures de Collserola que sont les vignes, les amandiers et les oliviers sont dévastées. Peu à peu, les terres agricoles sont abandonnées, laissant place à une forêt dense. En quelques décennies, la surface agricole chute drastiquement, transformant un paysage en mosaïque en un massif continu, plus vulnérable aux incendies.
Mais au cœur de cette forêt, certains oliviers ont résisté. Étouffés par la végétation mais toujours vivants, ces arbres ont inspiré un projet ambitieux porté par la Fondation La Pedrera et la coopérative L’Olivera. Aujourd’hui, 156 hectares à potentiel agricole ont été identifiés, amorçant le retour progressif de cette culture méditerranéenne pour relancer la culture de l’olivier.
Les premières récoltes sont prometteuses. Issues de variétés locales comme l’Arbequina, la Vera del Vallès et la Becaruda, les olives sont cultivées en agriculture biologique. Cueillies à la main et pressées à froid, elles donnent une huile d’olive extra vierge de grande qualité baptisée Oli Nou de Barcelona.
Un projet qui dépasse la simple production
Au-delà du produit, c’est toute une vision qui se dessine. Ces oliveraies participent à la prévention des incendies en rouvrant des espaces agricoles dans une forêt devenue trop compacte. L’initiative porte également une dimension sociale forte puisqu’elle implique des personnes en situation de handicap ou menacées d’exclusion. Une manière de lier agriculture, inclusion et territoire.
L’ambition ne s’arrête pas là. À terme, un moulin pourrait voir le jour dans la zone métropolitaine pour produire localement cette huile, mais aussi accueillir les récoltes de particuliers. D’ici 2028, la production pourrait atteindre jusqu’à 1 500 litres d’huile.






