L’indépendantisme catalan n’est pas (encore) tout à fait mort

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L’indépendantisme catalan semble avoir vécu ses heures de gloire et ne représente plus aujourd’hui qu’un mouvement résiduel au sein de la société. Analyse.

En se baladant dans Barcelone en cette saison estivale 2026, ou en lisant la presse, qui pourrait imaginer qu’il y a moins d’une décennie, l’indépendantisme catalan pouvait faire descendre un million de personnes dans la rue, possédait une majorité parlementaire, un puissant réseau activiste, des médias solides et des incarnations fortes ? Une synergie qui a réussi à faire trébucher le puissant État espagnol et à accaparer la une des médias internationaux.

Canicules, inflation, guerres, incendies : la litanie des problèmes de ces derniers jours a relégué les aspirations séparatistes des citoyens dans les rayons « histoire » des bibliothèques catalanes. Les partis politiques souverainistes ont, soit changé de logiciel, comme c’est le cas de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), en épousant les grands thèmes du moment, tels que la corruption ou la crise du logement, soit disparu des radars. C’est notamment le cas de la CUP, formation d’extrême gauche ultranationaliste catalane, restée coincée dans la dialectique d’octobre 2017.

Le cas Carles Puigdemont

Le cas le plus complexe reste celui de Junts per Catalunya, le parti de Carles Puigdemont, ancien président catalan et auteur de la déclaration d’indépendance. Celui-ci est installé à Bruxelles depuis neuf ans afin d’échapper à la justice espagnole. Un imbroglio juridico-administratif s’est créé autour de sa personne pour déterminer si la loi d’amnistie, défendue en grande pompe par le gouvernement socialiste espagnol il y a deux ans, peut s’appliquer à un fugitif.

Les institutions dépendant de l’État, comme la Cour des comptes ou le Tribunal constitutionnel, répondent favorablement. Le Tribunal suprême, autorité judiciaire à l’origine de la condamnation des responsables indépendantistes, estime pour sa part que Carles Puigdemont doit purger sa peine. Cependant, une récente décision favorable de la justice européenne envers l’ancien président catalan semble apporter un souffle libérateur dans un ciel chargé de lourds nuages judiciaires. Enfin, Puigdemont pourrait fouler de nouveau son territoire natal avant ou après Noël prochain.

Il ne retrouvera pas son parti Junts tel qu’il l’avait laissé. En 2017, son mouvement était dans l’air du temps. Aujourd’hui, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Une partie considérable de son électorat est désormais fidèle à Aliança Catalana, un parti d’extrême droite tout droit sorti de 1714, époque à laquelle la Catalogne était, selon la liturgie séparatiste, une nation autonome.

Aliança Catalana surfe sur la dynamique occidentale actuelle consistant à expliquer que, sans étrangers, on vivrait mieux. Sans étrangers venus d’Espagne et de France, les colonisateurs historiques de la nation catalane, ni étrangers venus du Maghreb, les colonisateurs modernes, croit bon d’ajouter Aliança Catalana pour teinter son racisme d’une touche d’indépendantisme catalan.

Le socialisme endort l’indépendantisme

C’est un fait : le socialisme, aussi bien à Madrid avec Pedro Sánchez qu’en Catalogne avec Salvador Illa, a été le grand somnifère de l’indépendance catalane. Cependant, ce n’est pas parce que l’on ne voit plus la rivière que son flux s’est tari sous terre. Une source pourrait rejaillir plus tard, à un moment plus opportun.

En attendant, l’indépendantisme résiduel agit là où il excelle : dans la destruction. L’été dernier, un commerce argentin du quartier de Gràcia a résisté aux coups de boutoir de militants tentant de lui faire fermer ses portes de force. Ils entendaient sanctionner une serveuse qui n’avait pas proposé en catalan la glace commandée par un couple d’indépendantistes cherchant à se rafraîchir un dimanche après-midi.

Cette année, les milices indépendantistes passent leurs nerfs sur l’équipe nationale de football, championne du monde, accusée d’avoir joué à la place d’une sélection catalane inexistante. L’artiste barcelonais TVBoy en a fait les frais, avec la destruction d’une peinture murale représentant le buteur Ferran.

A mural painted by Tvboy in Barcelona to honor Ferran Torres after Spain's World Cup triumph was vandalized with graffiti.

 

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Image de Nico Salvado

Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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