En Catalogne, les crottes de chien deviennent des pièces à conviction

Une femme assise sur un banc dans un parc urbain, caressant un petit chien, entourée d'arbres et de passants, illustrant la détente et la vie quotidienne en milieu urbain.
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À Tarragone,à une heure au sud de Barcelone, les propriétaires de chiens qui ne ramassent pas les déjections de leur animal risquent désormais de se faire rattraper par la science. La municipalité analyse l’ADN des excréments abandonnés dans la rue pour identifier les responsables et leur infliger des amendes. Une première identification vient d’être réalisée.

Les propriétaires de chiens indélicats vont devoir changer leurs habitudes. À Tarragone, les crottes abandonnées sur les trottoirs peuvent désormais devenir de véritables pièces à conviction. La mairie a décidé de recourir aux analyses génétiques pour retrouver les maîtres qui ne ramassent pas les déjections de leur animal. Depuis fin septembre, des agents de la police municipale et des techniciens spécialisés sillonnent les rues à la recherche d’excréments canins. Leur mission : prélever des échantillons à l’aide d’un écouvillon, les placer dans des tubes hermétiques et les envoyer dans un laboratoire.

Chaque prélèvement est photographié et répertorié avec son lieu, sa date et son heure de collecte. Le laboratoire compare ensuite l’ADN retrouvé avec celui des chiens inscrits dans le fichier municipal. Si les profils correspondent, le propriétaire peut être identifié et recevoir une amende de 100 euros. Et le dispositif commence déjà à porter ses fruits. Ce mercredi 21 octobre, la mairie a annoncé avoir identifié un premier chien grâce à l’analyse de ses déjections. Sur les 35 échantillons examinés lors de trois opérations de collecte, une correspondance génétique a été établie avec un animal enregistré.

Un fichage ADN obligatoire pour les chiens

Pour rendre ce système possible, Tarragone a instauré en février dernier un recensement génétique obligatoire de sa population canine. Les propriétaires doivent faire prélever un échantillon de salive de leur chien chez un vétérinaire agréé. Son empreinte génétique est ensuite intégrée à une base de données municipale. Environ 2 500 chiens auraient déjà fait l’objet d’un prélèvement, selon les chiffres communiqués mi-octobre, soit près d’un quart de la population canine estimée par la municipalité. Les propriétaires qui ne respectent pas cette obligation s’exposent à des sanctions pouvant atteindre 1 500 euros.

Les analyses permettront également d’établir une cartographie des quartiers où les déjections sont les plus nombreuses. Et même lorsqu’un chien n’est pas encore enregistré, les scientifiques pourront reconnaître son empreinte génétique si elle apparaît à plusieurs reprises. De quoi repérer les animaux récidivistes et faciliter les investigations.

La guerre aux incivilités

Pour la municipalité, l’objectif est avant tout sanitaire. Les déjections abandonnées dégradent l’espace public, entraînent des frais de nettoyage supplémentaires et provoquent régulièrement la colère des habitants. La responsable municipale de la Propreté, Sonia Orts, estime que les premières analyses démontrent déjà l’utilité du dispositif, malgré le nombre encore limité de chiens enregistrés. La ville compte poursuivre ses campagnes de recensement pour augmenter les chances d’identifier les contrevenants. À Tarragone, les propriétaires négligents sont donc prévenus : même en l’absence de témoin, leur chien peut désormais laisser une signature compromettante.

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Sébastien Barnès

Journaliste à Barcelone.
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