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Ministre de l’Intérieur: le pire poste du prochain gouvernement

independance catalogne

La gauche indépendantiste (ERC) et le parti de Puigdemont Junts Per Catalunya (JpC), bataillent depuis deux mois pour obtenir les postes clés du prochain gouvernement. En revanche, peu de candidats veulent devenir ministre de l’Intérieur. Décryptage.

Les indépendantistes d’ERC et JpC négocient jours, nuits et week-ends depuis deux mois pour dessiner la structure du prochain gouvernement. Si Carles Puigdemont accepte de se retirer, et qu’un président est investi par le Parlement, l’article 155 de la Constitution qui suspend l’autonomie catalane sera, en principe, levé et un nouvel exécutif formé.

Les indépendantistes ont croisé le fer pour gérer le ministère de l’Économie. Vraisemblablement, la gauche, comme durant la législature passée, conservera les cordons de la bourse du gouvernement catalan. Le poste pourrait être occupé par Pere Aragonès, étoile montante d’ERC ou par un des cerveaux de la déclaration d’indépendance: Marta Rovira sur qui plane une condamnation à venir lors du procès qui aura lieu dans quelques mois.

Un autre poste clé, qui a soulevé de violentes passes d’armes entre ERC et les amis de Puigdemont, est la gestion de la communication gouvernementale. Sont convoités la direction du service des subventions aux médias privés et les différents chefs du service public: TV3 et Catalunya Radio. A priori, la direction des programmes de télés et radios reviendrait à Junts Per Catalunya, tandis que ERC présiderait la structure globale des médias publics.

Le blues de la police

En revanche, le poste que personne ne veut c’est le ministère de l’Intérieur qui englobe la gestion des 15 000 Mossos d’Esquadra. Dans un climat de haute tension avec Madrid, la tâche est périlleuse. L’ancien ministre de l’Intérieur Joaquim Forn est toujours incarcéré en raison du rôle joué par les Mossos lors du référendum du 1er octobre.

La première décision du successeur de Joaquim Forn sera de décider qui sera le prochain chef des Mossos. José Luis Trapero a été destitué par l’article 155, et plane sur sa tête une lourde condamnation: il est poursuivi par le tribunal de l’Audience nationale pour la supposée passivité des Mossos lors du référendum. José Luis Trapero est devenu une icône indépendantiste après sa remarquable gestion des attentats de Barcelone et Cambrils fin août. Sa restitution est attendue par les deux millions de votants indépendantistes. En même temps, le retour de Trapero serait une déficience envers le gouvernement espagnol. Premier choix cornélien qui attend le nouveau ministre.

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José Luis Trapero

Le second écueil sera la réponse apportée par la police catalane face aux manifestations séparatistes dans la rue. L’extrême gauche indépendantiste de la CUP est nerveuse et les Comités de défense de la République sont en embuscade. Dimanche, lors de manifestations hostiles face à la présence du roi à Barcelone à l’occasion du congrès du mobile, les Mossos sous les ordres de Madrid en raison du 155 ont chargé. Une marge de manœuvre que n’aura pas le futur locataire du ministère de l’Intérieur catalan, qui devra jongler entre ne pas user de lourdes répressions contre les manifestants indépendantistes, tout en maintenant l’ordre dans les rues.

Enfin, le corps des Mossos d’Esquadra traverserait une déprime. Suite au stress de la gestion des attentats, des manifestations indépendantistes de septembre, du référendum d’octobre, des grèves le même mois, de la déclaration d’indépendance et enfin de la prise de contrôle du corps par Madrid, les Mossos sont désorientés. Accusés de traîtres par les plus fanatiques des indépendantistes et pointés du doigt par Madrid pour être soi-disant une police politique, les Mossos ont payé un lourd tribu et auront besoin d’une nouvelle dynamique.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est le parti de Puigdemont qui aurait accepté finalement de prendre le ministère et de mettre à sa tête Brauli Duart, un très proche d’Artur Mas qui est actuellement président des médias publics catalans.