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L’Espagne veut se mettre aux mêmes horaires que la France

La ministre du travail Fatima Bañez propose que les journées de travail se terminent à 18h pour que les Espagnols aient un meilleur rythme qui se rapproche davantage de la France et du reste de l’Europe.

Photo: C.Meyer/Equinox

Depuis plusieurs années, le débat sur la réforme des horaires de travail revient régulièrement en Espagne. Le sujet fait à nouveau la une de la presse espagnole suite à la déclaration de la ministre du travail. Fatima Bañez propose “un pacte d’Etat” pour la rationalisation des horaires, pour terminer les journées de travail à 18h. Un tel changement permettrait aux habitants de concilier plus facilement leur vie professionnelle et leur vie privée. En Espagne, une journée classique de travail commence à 9h et peut se terminer à 19h voire 20h, avec une pause déjeuner de 14h à 16h.

La ministre a ajouté que le pays pourrait s’aligner sur le fuseau horaire de Londres. Géographiquement, l’Espagne devrait être sur ce fuseau horaire, mais en 1940 le dictateur Franco a décidé d’aligner l’Espagne sur le fuseau horaire de l’Europe centrale. Retarder sa montre d’une heure permettrait d’être plus en adéquation avec le soleil, mais aussi de déjeuner et de se coucher plus tôt.

Des conséquences sur la santé

Le rythme actuel des travailleurs espagnols les oblige à se coucher tard. En effet, selon le centre d’études sociologiques (CIS), une personne sur quatre se couche après minuit, ce qui nuirait à la productivité et à la santé des Espagnols. Nuria Chinchilla, économiste et membre de l’Association pour la rationalisation des horaires, a expliqué à l’AFP que “comme les Espagnols dorment moins, ils sont moins concentrés et ont du coup davantage d’accidents du travail”.

La Catalogne réclame également ce changement d’horaire et a déjà soumis une proposition sur le sujet. Plusieurs experts ont mis en place une initiative nommée Reforma Horària. Ils avancent que le bien-être des habitants serait favorisé grâce à des journées de travail plus courtes et des horaires plus flexibles.

La ministre du travail a proposé d’autres mesures, comme le développement du télétravail et la possibilité d’avoir “une bourse d’heures” que les travailleurs pourraient utiliser pour leur propre intérêt. Une mesure qui existe déjà dans la fonction publique et dans certaines entreprises.