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Le mouvement Tabarnia se choisit un porte-parole d’extrême-droite

Tabarnia, présenté à l’origine comme un mouvement humoristique ayant pour objectif de se moquer de l’indépendantisme, commence à prendre une tournure politique en se choisissant un porte-parole situé à l’extrême-droite.

Comme nous le soulignions à l’époque sur Equinox, Tabarnia, qui réclame la constitution d’une communauté autonome regroupant Barcelone et Tarragone, où le vote indépendantiste est plus faible, ne possède aucune légitimité sérieuse. Ce troll qui est né sur Internet vient embrouiller un panorama politique déjà compliqué. Présenté par ses initiateurs comme un gag qui par définition ne propose aucune solution, nous pensions, et c’est le cas, qu’une certaine presse allait donner à Tabarnia un écho sérieux.

Tabernia fait un pas de plus vers une position ultra-politisée, en se choisissant pour porte-parole un journaliste sulfureux habitué des dérapages xénophobes, sexistes et homophobes. Jaume Vives dirige son pure-player Diario El Prisma et “en tant que porte-parole du gouvernement en exil de Tabarnia” (sic) est invité dans les grands médias nationaux. Vives se présente comme un “journaliste et écrivain catholique”. Egalement ultra-présent sur les réseaux sociaux, il poste des messages souvent critiqués. Pour le porte-parole de Tabarnia, la théorie du genre et et l’Islam sont les “principaux instruments du diable”, qui peuvent “nous conduire à la mort”.

Pour Vives, l’homosexualité est une maladie comparable au Sida, qu’il faut soigner. Par ailleurs, l’Espagne serait sous la coupe d’un chantage homosexuel organisé en lobby.

Albert Rivera et Inès Arrimadas du parti Ciutadans ont donné un grand écho à Tabarnia, en en faisant la promotion sur leur compte twitter le 26 décembre dernier. Un jeu qui peut être risqué.

Comme le Tea Party aux Etats-Unis ou la Manif pour Tous en France, ces mouvements présentés comme spontanés et apolitiques finissent toujours par tenter d’influencer le débat public. Ils débordent généralement les partis traditionnels, qui les promeuvent au départ, et se retrouvent ensuite dans des situations compliquées. Le parti les Républicains en France ne sait plus comment gérer les dérapages de Sens Commun, émanation de la lutte anti-mariage gay. Nul doute que Tabarnia ne fera pas exception à la règle et pourra à un moment donné déraper sur la droite de Ciutadans pour devenir extrêmement encombrant pour la réputation du parti.