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Les présidents espagnol et catalan signent l’armistice

Un mois après son arrivée à la Moncloa, le président espagnol Pedro Sanchez a reçu aujourd’hui pour la première fois le catalan Quim Torra. 

Pour la première fois depuis la déclaration d’indépendance, les présidents catalan et espagnol se sont rencontrés. L’opération “briser la glace” a eu lieu cette après-midi à la Moncloa, siège du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez. L’indépendantiste Quim Torra est venu accompagné d’une liqueur catalane de ratafía en cadeau. Le nom de cet apéritif est tout un symbole puisque la formule latine “rata fiat” est utilisée pour sceller des accords et engagements.

La frange dure de l’unité de l’Espagne à Madrid et celle de l’indépendantisme à Barcelone ne souhaitent toutefois pas qu’il y ait le moindre “rata fiat” entre l’Espagne et la Catalogne. Mais si Pedro Sanchez est installé aujourd’hui à la Moncloa, c’est grâce aux voix de députés indépendantistes qui ont voté la motion de confiance faisant chuter Mariano Rajoy et donnant le pouvoir à la gauche. Une opération dirigée par les secteurs les plus  pragmatiques de l’indépendantisme. Carles Puigdemont n’en fait pas partie. Les socialistes ont voté avec Mariano Rajoy l’application de l’article 155 suspendant l’autonomie politique de la Catalogne plaidait-on dans le cercle de l’ancien président de la Catalogne. Pour une fois, les modérés ont pris la main et ont donné les clés à Pedro Sanchez.

En attendant le procès du gouvernement Puigdemont

Membre de la frange dure, mais encerclé par les pragmatiques, le président Torra semble naviguer à vue. Pour commenter sa rencontre avec le Premier ministre, Torra parle de “rencontre bilatérale” pour tenter se positionner sur un pied d’égalité institutionnelle avec le chef de l’exécutif espagnol.

Sans détails concrets, Torra assure qu’il a indiqué à Sánchez que son gouvernement ne renoncerait à “aucune des formules pour réaliser l’indépendance de la Catalogne”. Pour les responsables catalans incarcérés, le Premier Ministre espagnol refuse la dénomination de prisonniers politiques.

C’est la situation de l’ancien gouvernement catalan derrière les barreaux qui devrait donner (ou non) une vraie porte de sortie au conflit à l’automne prochain. Deux scénarios : soit le procès va au bout, des lourdes peines de prisons sont prononcées et l’incendie repart en Catalogne, avec de gigantesques manifestations et une convocation d’élections catalanes à l’issue incertaine. Une option souhaitée par l’intelligentsia espagnole qui ne souhaite aucune tolérance face à la déclaration d’indépendance de l’automne 2017.

Une autre hypothèse serait une négociation entre le parquet espagnol et les actuels prisonniers qui se solderait par une courte peine de prison en échange de la reconnaissance de la culpabilité des politiques catalans. Des mouvements sont déjà en cours. La frange dure indépendantiste crie à la trahison.

En attendant les gouvernements catalans et espagnols ont sorti un florilèges de symboles pour célébrer la rencontre de leurs présidents. Le twitter officiel du gouvernement espagnol a même posté un message en catalan.