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Le président Torra demande aux Catalans de descendre massivement dans les rues

Le président catalan Quim Torra a donné son discours combatif de rentrée à Barcelone. Il appelle les Catalans à résister face à l’État espagnol et les exhortent à occuper massivement les rues.

Le Teatre Nacional de Catalunya. Il y a 16 mois, les indépendantistes avaient choisi ce lieu pour la grand-messe annonçant l’organisation du référendum unilatéral d’autodétermination. Même salle, mais deux ambiances. En juin 2017,  l’euphorie emplissait le théâtre avec une ambiance de “tout est possible”. Un peu plus d’un an plus tard, le mot d’ordre est “tout reste à faire”.

Devant une salle comble, le président de la Generalitat a fait un long rappel historique expliquant pourquoi la Catalogne se retrouve dans cette situation. Du statut d’autonomie de 2010 retoqué par le Tribunal constitutionnel aux leaders indépendantistes incarcérés depuis près d’un an. “Mobilisation dans la rue, institutions au service des politiques sociales et de progrès pour la République, et projection internationale maximale sont les trois piliers sur lesquels nous travaillerons au cours des prochains mois” se fixe comme objectif le locataire du Palau de la Generalitat.

Un brin consensuel, Quim Torra a expliqué que c’était l’heure de “dialoguer, écouter et négocier”, en se demandant tout de même quelle est la différence entre le socialiste Pedro Sanchez et le conservateur Mariao Rajoy. Ce dialogue, cette écoute et cette négociation ne doivent pas se faire dans un bureau doré entre le Premier ministre espagnol et le gouvernement catalan. C’est à la rue de tenir le premier rôle dans la nouvelle feuille de route, selon Torra.

Mobilisation permanente

Deux clans dans l’indépendantisme s’affrontent : Carles Puigdemont, Quim Torra et leurs amis qui souhaitent aller le plus loin et le plus rapidement possible dans le conflit frontal avec l’État espagnol. L’ancien vice-président Oriol Junqueras, actuellement incarcéré, et son parti de gauche indépendantiste souhaitent au contraire négocier suavement et sans scandale avec le gouvernement socialiste espagnol. Torra et Puigdemont misent sur la rue pour faire pencher la balance de leur côté.

Le président de la Generalitat a lancé un appel pour que la foule “déborde l’avenue Diagonal”, le 11 septembre prochain, à l’occasion de la fête nationale catalane. Le 20 septembre, premier anniversaire de la manifestation indépendantiste devant le ministère de l’économie suite à une perquisition de la police espagnole, doit être également l’objet de manifestations. Pour Quim Torra, le 1er octobre 2018, anniversaire du référendum ne doit pas être “une journée avec le regard nostalgique et triste tourné vers le passé”.

Au contraire, les Catalans sont invités à occuper les écoles qui servaient de collèges électoraux au sein d’une grande journée de revendication. “Le 1er octobre, nous tous qui avons participé, nous serons présents dans nos collèges électoraux et nous nous déclarerons coupables d’avoir participé à une action démocratique, aussi coupables que ceux qui sont aujourd’hui en prison ou en exil” lance le président Torra afin de mobiliser ses troupes. La figure des prisonniers sera érigée tout au long de ce que les observateurs nomment déjà “l’automne catalan brûlant”. Au passage le président Torra affirme qu’il n’acceptera pas une condamnation des leaders indépendantistes. Quand le verdict tombera dans quelques mois, le président révéle qu’il informera les députés catalans de la mesure qu’il mettra en oeuvre pour désobéir aux tribunaux espagnols.

Le 3 octobre devra également servir de journée de manifestations pour commémorer la journée de gréve générale de l’an dernier suite aux violences policières lors du référendum. Quim Torra veut voir les Catalans massivement dans la rue, comme selon ses propres termes  “Martin Luther King avait appelé une marche” pour défendre les droits civiques. Tel un pasteur exhortant les fidèles, le président catalan a fait appel à la “conscience” de chacun avec solennité.

Les amis de Carles Puigdemont espèrent que la rue sera noire de monde, que l’ambiance frise l’insurrection pacifique afin d’attirer l’attention internationale et de faire céder le gouvernement espagnol pour faire avancer l’implantation de la République catalane. Il est fort probable que le peuple indépendantiste réponde favorablement à la demande de leur président.