Pourquoi Barcelone veut faire disparaître plus de 24 000 platanes

arbres coupés barcelone

La mairie de Barcelona a décidé de réduire drastiquement la présence de platanes dans les rues de la ville pour le bien-être de ses habitants. Explications.

Ils font partie du décor barcelonais au même titre que les façades modernistes ou les grandes avenues de l’Eixample. Pourtant, les platanes vivent probablement leurs dernières décennies de domination dans la capitale catalane.

Le chiffre donne la mesure du bouleversement à venir : sur les 43 722 platanes actuellement recensés à Barcelone, plus de 24 000 devraient progressivement disparaître d’ici 2037. Ils représentent actuellement plus du quart des arbres de la ville. L’objectif affiché par la municipalité de Jaume Collboni est clair : faire tomber cette proportion à environ 12 %, afin qu’aucune espèce ne dépasse à terme le seuil des 15 %.

Pendant plus d’un siècle, le platane a pourtant incarné l’arbre idéal pour Barcelone. Résistant, peu coûteux, capable d’offrir rapidement de l’ombre dans une ville écrasée par la chaleur, il avait été massivement planté à l’époque du développement du plan Cerdà, suivant une mode déjà largement répandue dans plusieurs villes françaises.

Protéger les habitants… et les arbres

Mais l’arbre emblématique est devenu au fil des années l’un des plus critiqués par les habitants. Chaque printemps, Barcelone se retrouve recouverte de cette fine poussière jaunâtre provoquée par les fruits et le pollen des platanes. Lors de la dernière Sant Jordi, le phénomène avait particulièrement irrité riverains et commerçants. Allergies, yeux rouges, éternuements, difficultés respiratoires : les plaintes se multiplient depuis plusieurs années.

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La mairie insiste toutefois sur un autre argument, jugé plus stratégique : la résilience climatique. “Lorsqu’une ville dépend excessivement d’une seule espèce, le risque est beaucoup plus grand face aux maladies ou aux parasites”, expliquent les services municipaux. Une épidémie végétale pourrait ainsi décimer une part considérable du patrimoine arboré en quelques années.

Le remplacement se fera progressivement, au gré des réaménagements urbains, des travaux et du vieillissement naturel des arbres. Des espèces comme le micocoulier ou le mélia gagnent déjà du terrain.

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Sébastien Barnès

Journaliste à Barcelone.
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