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Le plan de Ciutadans pour faire tomber le gouvernement espagnol

Ciutadans, le parti d’Albert Rivera, a un plan politique pour forcer la tenue d’élections législatives anticipées. Décryptage. 

Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez gouverne l’Espagne sans majorité parlementaire. L’été dernier, le conservateur Mariano Rajoy a perdu le pouvoir suite à une motion de censure regroupant les socialistes, Podemos, les indépendantistes catalans et les nationalistes basques. Si la motion donne automatiquement le pouvoir à celui qui la présente, en l’espèce Pedro Sánchez, ce n’est pas pour autant qu’il dispose de soutiens pour gouverner par la suite. Les 17 parlementaires indépendantistes catalans sont indispensables pour donner une majorité aux socialistes, qui bénéficient également du soutien de Podemos. Or, aux portes du procès judiciaire de la déclaration d’indépendance qui va se traduire par des dizaines d’années de prison pour l’ancien gouvernement de Puigdemont, les indépendantistes traînent des pieds pour sauver Pedro Sánchez.

Régions

Les droites, conservatrice du Partido Popular, libérale de Ciutadanos, et radicale de Vox, réclament des élections législatives anticipées. Ciutadans a un plan politique pour fragiliser encore plus Pedro Sánchez. Le 26 mai prochain auront lieu dans toute l’Espagne les élections municipales et les élections régionales (sauf Pays Basque, Andalousie, Catalogne et Galice).

Le système électoral espagnol se déroule à un tour. Les conseillers municipaux ou régionaux sont élus proportionnellement aux résultats obtenus dans les urnes. Il faut ensuite que élus se rassemblent au sein d’une coalition pour former une majorité.

Dans certains endroits d’Espagne, Ciutadans est prêt à pactiser avec le candidat socialiste pour lui offrir la présidence de sa région. En échange, l’élu socialiste devra entrer en dissidence contre le Premier ministre Pedro Sánchez. Le but est d’isoler le chef du gouvernement, l’acculer et convoquer des élections législatives anticipées.

L’opération a-t-elle une chance de fonctionner ? Oui, car les barons socialistes sont horrifiés par le flirt qu’entretient Pedro Sanchez avec les députés indépendantistes. Les circonscriptions rurales sont farouchement antiséparatistes, et les socialistes locaux craignent un vote sanction face au laxisme de Pedro Sánchez. Tous se disent persuadés que le parti socialiste a perdu en décembre la région d’Andalousie à cause de l’indépendance catalane, qui a amené au pouvoir une coalition de droite et d’extrême droite, formée par le Partido Popular, Ciutadans et Vox. Et justement Ciutadans, sous pression notamment d’Emmanuel Macron, ne veut pas laisser s’installer cette image de parti associé à l’extrême droite.

Après les élections régionales, Ciutadans selon la configuration locale, souhaite pactiser ici avec la droite et là avec la gauche. En espérant aussi être en position de favori dans certaines régions pour en prendre la présidence.