Déconfinement Barcelone: quel avenir pour les friperies ?

par Colombe Freynet

Très en vogue à Barcelone, les friperies et marchés vintage devront, comme les grandes enseignes, s’adapter aux normes sanitaires lors de leur réouverture. État des lieux.

Les Barcelonais se souviennent des vide-dressing géants en plein air, du hangar de l’Ovella Negra à Poblenou, à ceux installés dans la gare Estacio de França. Avant le confinement, ces marchés vintage attiraient tous les week-ends les amateurs de prêt-à-porter à la recherche de pièces uniques à prix cassé.

Mais les mesures sanitaires recommandées par le gouvernement en phase 1 du déconfinement risquent dès lors de remettre en question le modèle de la seconde main, parfois réputé pour être peu hygiénique. En friperies, ce sont de longs étalages étroits et denses de vêtements manipulés par les clients pour trouver la perle. Désinfecter les portants congestionnés ou mettre un article de côté après avoir été essayé semble mission impossible pour les gérants de ces boutiques ne vendant que des modèles uniques.

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« Entre imposer des dispositions d’hygiène et arriver à les appliquer en magasin, c’est une autre histoire ». Jean-Claude Mesana, créateur des boutiques vintage Holala! Vintage clothing à Barcelone, voit le futur de la seconde main sur Internet: « le resell vintage se transformera de manière inéluctable, et la vente en ligne va exploser: on devra s’y adapter. Or nous n’avons pas la même force de vente sur Internet que les grandes enseignes, qui y sont déjà préparés ». Le Français, qui a impulsé le modèle de la vente de vêtements au poids en Espagne, confie à Equinox: « le problème c’est que le produit du vintage et de la seconde main est alimenté par le tourisme à Barcelone, comme à Paris ou à Londres d’ailleurs. Nous sommes dépendants des touristes, au même titre que bien d’autres secteurs. »

Vers un nouvel essor de la seconde main ?

Si l’industrie du prêt-à-porter se verra de plus en plus aseptisée, les friperies de la capitale catalane pourraient cependant bénéficier d’un nouvel élan au sortir du confinement. Aujourd’hui plus qu’hier, les clients pourraient davantage se tourner vers l’alternative vintage, fort d’un effet prise de conscience post-confinement et d’une baisse de leur pouvoir d’achat

C’est ce que Jeanne, étudiante installée dans le quartier du Born, tentait d’appliquer en achetant certains de ses vêtements de seconde main: « j’essayais rarement mes habits en boutique et les lavait systématiquement après les avoir achetés. J’adorais les grands vide-dressing où tous les articles étaient à 1 ou 5 euros ». Elle poursuit: « dans les premiers mois après le confinement, j’éviterai les magasins vintage, mais aussi toutes les enseignes en général, car j’ai pris conscience pendant cette période que j’étais un vrai objet de consommation. En revanche quand on aura vaincu le virus, je pense qu’il faudra soutenir les friperies: je ne veux pas changer mes bonnes habitudes ».

déconfinement marché vintage

Le marché vintage en plein air « El Flea Market » avait lieu le 2e dimanche du mois à Drassanes.

Le vide-dressing et le vintage devront donc s’adapter aux nouveaux modes de consommation. Promouvoir la durabilité et le recyclage des vêtements semble être la solution pour la survie des boutiques et marchés vintage Barcelonais, en boutique ou sur Internet.

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