Politik Fiction : La Catalogne est devenue indépendante

par Stéphane Olivier
La Catalogne est devenue independante

POLITIK FICTION, c’est le feuilleton de l’été d’Equinox.

Cet article est évidemment une fiction et doit être lu comme tel. Il ne reflète en aucun cas la réalité actuelle de l’Espagne.

Six mois après l’accès au pouvoir de Manuel Valls en Espagne, la situation reste tendue. L’ancien Premier ministre français s’est hissé au pouvoir dans une Espagne ruinée après deux ans de crise sanitaire liée au coronavirus. Valls a obtenu une rallonge budgétaire de Bruxelles pour payer les fonctionnaires qui ne touchaient plus leurs salaires, mais les caisses du pays sont vides.

La plupart des petites et moyennes entreprises ne paient plus leurs impôts au motif que c’est leur seul moyen de ne pas faire faillite. Valls, face à la fronde des lobbies, n’a pas pu mettre en place son impôt sur les grandes fortunes et les multinationales comme promis durant la campagne.

La Catalogne en insurrection

La Catalogne, jadis région riche, n’est pas en meilleure forme que le reste du pays. La Generalitat est ruinée. Pour les personnes n’ayant plus de quoi à manger ou arriver à la fin du mois, les associations indépendantistes ont déployé un réseau d’aide et de soutien.

Financées par les grandes entreprises catalanes indépendantistes, les associations ANC et Omnium ont créé une espèce de restos du cœur catalan offrant nourriture et boissons aux plus nécessiteux. Les sommes dépensées par l’indépendantisme sont tellement élevées que la presse espagnole affirme que la Russie finance ses opérations d’aides.

Quoi qu’il en soit, avec ses actions, l’indépendantisme n’a jamais été aussi bien accueilli dans tous les quartiers populaires. La plupart des balcons de Badalona, L’Hospitalet ou Terrassa affichent des drapeaux catalans indépendantistes. Carles Puigdemont depuis Bruxelles, Oriol Junqueras en prison, et le président de la Generalitat Pere Aragones réclament un référendum.

Manuel Valls a refusé pendant six mois. Un coup dur pour Madrid fut le ralliement du délégué du gouvernement espagnol en Catalogne Miquel Iceta à la demande de référendum. Acculé par les manifestations devant le siège de sa préfecture espagnole Carrer Mallorca, Iceta, socialiste historique, a déclaré: « on ne peut pas s’opposer à une demande faite par 90% du peuple ».

Dans la foulée Ada Colau a déclaré officiellement Barcelone ville « indépendantiste-friendly » et fait déposer une urne géante devant la mairie. Fabriquée par une entreprise appartenant à un membre influente du parti de Colau, l’urne en carton a été facturée 180.000 euros à la mairie. « Fake news » a hurlé Colau en conférence de presse face à un journaliste de la Vanguardia demandant si la somme étant indécente au vu de la crise que traverse le pays.

Le référendum autorisé

Face à toutes les institutions en insurrection en Catalogne, Manuel Valls a finalement autorisé un référendum. Le chef du gouvernement espagnol a déclaré sur TVE qu’il « irait chercher les bulletins des électeurs du non avec les dents. Moi vivant, la Catalogne ne sera jamais indépendante, les Catalans voteront non, qu’ils viennent me chercher, ils me trouveront » s’est exclamé Valls.

La campagne a été marquée par l’annonce du retour de Carles Puigdemont à Gérone pour déposer son bulletin dans l’urne. Finalement l’ancien président a voté par voie postale depuis la Belgique. La campagne a pris un tour international après l’annonce de Poutine et Trump de soutenir le oui. « In Union there is strength, this is true in America, and this is true in Spain » a répondu Emmanuel Macron faisant campagne pour le non. Un tweet du compte de Vox affirmant que la Catalogne indépendante apparaîtra sur la liste des Etats terroristes de l’ONU a été partagé 2,5 millions de fois pendant la campagne.

Finalement le 9 novembre 2022, ce sont 51,3 % des Catalans qui ont voté oui pour que la Catalogne devienne un Etat souverain. Les quartiers populaires de Barcelone touchés par le chômage ont fait pencher la balance vers le oui.

La Catalogne indépendante, mais l’Espagne présente

Six mois plus tard, les institutions espagnoles sont toujours présentes en Catalogne. Le plan de transition contrôlé par Bruxelles donne 10 ans à Madrid pour retirer progressivement la structure de l’État espagnol en Catalogne. Pour le moment, la Catalogne n’a pas encore les moyens de diriger son destin, mais les idées fusent.

La Cup demande l’interdiction des banques, responsables de la crise économique dérivée du coronavirus. Une grande coopérative d’État pourrait remplacer les institutions bancaires selon l’extrême-gauche. Un plan qui pourrait trouver le soutien inattendu du libéral Artur Mas. En échange il souhaite l’élection d’un président de la République sur le modèle français et espère bien pouvoir poser sa candidature.

La gauche républicaine d’ERC a annoncé une série de mesure qualifiée de « fortes et révolutionnaires » selon sa porte-parole : la réduction de la vitesse à 115 kilomètres heures sur les autoroutes catalanes au lieu des 120 actuels et la gratuité des transports en commun le soir de 22 à 23 heures.

Ada Colau, elle, propose de faire une grande fête de la République qui durerait 6 jours et 6 nuits mais n’a toujours pas retiré le drapeau espagnol de la mairie.

Manuel Valls et l’ensemble des partis politiques espagnols demandent à ce que la Catalogne rembourse 25% de la dette espagnole avant d’obtenir concrètement l’indépendance. « C’est une façon de privatiser le vote des Catalans » a tweeté Carles Puigdemont. Toujours depuis Bruxelles.

A suivre…

Lire aussi : Premier episode Manuel Valls devient Premier ministre de l’Espagne

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