Anthony Pillet : « J’ai créé le groupe Facebook des Français à Barcelone pour aider »

Par Camélia Balistrou

« La Rencontre » la nouvelle chronique d’Equinox donne la parole aux Français de Barcelone.

Originaire de Dunkerque, Anthony Pillet quitte la France pour découvrir de nouveaux horizons. En 2005, alors âgé de 25 ans, il pose ses valises à Barcelone avec son épouse. Quinze ans plus tard, le voilà bien installé dans la capitale catalane avec sa famille. Anthony est aussi le créateur du groupe Facebook « Français à Barcelone !!! », qui est devenu le groupe de francophones le plus important de la ville avec à ce jour 35.300 membres. 

Pourquoi avoir quitté la France pour Barcelone ?

À 22 ans, j’étais jeune diplômé et je recherchais un emploi. En France, pour être embauché, les recruteurs exigent beaucoup d’expérience, mais quand tu es fraîchement diplômé, tu n’en as pas forcément. Donc, j’ai voulu apprendre une nouvelle langue et pour ça j’ai tenté une aventure à Dublin au début des années 2000. J’y ai rencontré mon épouse. Ensuite, on avait le choix de vivre ensemble à Dunkerque ou à Madrid… Notre décision a été rapide. On a emménagé à Madrid dans la foulée et on y est resté 1 an. Enfin, on a rejoint Barcelone en 2005 pour y travailler.

Quel métier exercez-vous à Barcelone ?

Actuellement, j’ai un service d’aide d’installation à Barcelone pour les Français expatriés. Je les accompagne dans les démarches administratives comme l’obtention du NIE, du numéro de Sécurité Sociale, d’un certificat digital ou encore l’ouverture d’un compte en banque en Espagne. J’ai aussi un service de sourcing en recrutement qui consiste à répertorier, pour des entreprises, des profils d’employés Français et francophones sur Barcelone.

Vous êtes à l’origine du groupe Facebook, « Les Français à Barcelone !!! », pourquoi l’avoir créé ?

Après la crise de 2008, je me suis retrouvé à travailler dans un centre d’appel pour la compagnie Philips. On était 150 agents sur la plateforme. Tous étaient Français. Quand j’ai fini mon contrat dans ce centre d’appel, je voulais garder contact avec ces anciens collègues français, alors j’ai créé ce groupe Les Français à Barcelone !!! en 2009. À l’époque, Facebook n’était pas encore très connu en Europe donc je n’ai pas pu garder contact avec mes ex-collègues de travail. J’ai donc laissé le groupe à l’abandon. Deux ans plus tard, je reçois une notification qui m’apprend que des gens souhaitent rejoindre la page. Et là, il y avait 1.500 ou 2.000 demandes ! Comme j’aime bien gérer les groupes et aider les gens, j’ai continué à m’occuper de cette page.

Avec 35.000 membres, votre groupe fait partie de ceux qui réunissent le plus de Français à Barcelone, comment s’est passée l’ascension de votre groupe ?

Les membres du groupe étaient assez actifs. Il y avait beaucoup de questions qui étaient posées comme pour la recherche d’un emploi ou la recherche d’une chambre. Cela a entretenu l’attractivité de la page et de plus en plus de monde y était présent. Ensuite, comme les demandes sur les logements et les emplois étaient trop récurrentes, j’ai créé deux autres groupes : Français à Barcelone logement et Français à Barcelone travail/emploi. Les deux pages ont respectivement 15.000 et 20.000 membres.

On voit dans les publications du groupe qu’il y a beaucoup de questions pratiques autour du NIE, des impôts et plus récemment du passage de la frontière franco-espagnole, vous attendiez-vous à une telle entraide entre Français grâce à votre groupe ?

À l’époque, quand je l’ai créé, pas forcément. J’intervenais beaucoup plus lors de la création de la page, car il y avait moins de membres et moins de questions. Puis, quand la fréquence de publication a augmenté, les gens ont commencé à s’entraider. Ça s’est construit naturellement et cela continue encore.

Français à BarceloneDe mémoire, quel est le message le plus touchant posté sur votre groupe ?

Je me souviens d’un message d’un vol de van jaune à Barcelone en 2016. L’auteur du post avait décrit avec précision le véhicule et a raconté toute son histoire. Il y a eu un engouement de dingue. 6.000 partages et plus de 400 likes. J’avais halluciné ! Un membre avait commenté l’avoir vu à Terrassa et le van a été retrouvé par la suite. C’est une histoire qui m’a bien marqué.

Sinon, il y a eu aussi le post d’une mère de famille qui devait faire opérer son fils souffrant d’une maladie très rare. Elle a pu collecter de l’argent grâce à sa publication. Il y a aussi eu des posts pour venir en aide aux SDF, pour trouver un logement, un emploi, etc. En 11 ans, il y a eu pas mal d’anecdotes !

Quel est votre plus beau souvenir à Barcelone ?

J’en ai pas un en particulier, mais ici à Barcelone, j’ai trouvé mon bonheur. J’ai pu concilier le travail, les activités, la famille, c’est le kiff. C’est un souvenir général, celui d’avoir fait ma vie ici.

Souhaitez-vous rester vivre à Barcelone encore longtemps ?

Je suis très bien installé ici. Je suis marié, j’ai deux enfants, j’ai mon appartement. On a vécu la crise du Covid-19 qui a été rude et on est toujours ici. Il faudrait vraiment qu’il y ait quelque chose de grave pour qu’on parte. Ma vie est ici, à Barcelone.

En 15 ans passés à Barcelone, quel est votre lieu favori de la ville ?

Je n’ai pas vraiment vécu à Barcelone même. Je me suis d’abord installé du côté du Maresme, puis il y a 14 ans à Cornellà de Llobregat. Ce que je peux dire, c’est que Barcelone a changé en 15 ans. Comme c’est très touristique, se balader dans les rues de Barcelone, avec deux enfants, ce n’est pas le trop le kiff, surtout quand on connaît la ville de fond en comble. Mais les lieux que j’adore sont sur les hauteurs de Barcelone, comme le Montjuic et le Tibidabo.

 

 

Anthony Pillet : « J’ai créé le groupe Facebook des Français à Barcelone pour aider »

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