Les leaders politiques des indépendantistes ont été espionnés. Par le gouvernement espagnol. Avec l’autorisation de la la justice. À chaque révélation de ce feuilleton politique, la tension monte d’un cran entre les socialistes au pouvoir à Madrid et les indépendantistes à Barcelone.
En couverture, Paz Esteban, directrice des services secrets espagnols. (Cadena Ser)
Ce midi, lors d’une comparution devant une commission parlementaire, la directrice du centre national d’intelligence, c’est-à-dire les services secrets espagnols, a exhibé les autorisations judiciaires permettant d’espionner les téléphones portables de responsables indépendantistes en 2019.
Suite à cette nouvelle révélation, à la question de savoir si les indépendantistes allaient retirer leur soutien parlementaire au gouvernement, le porte-parole catalan Gabriel Rufian a lâché que « ce n’était plus la législature qui est en danger, mais la démocratie ».
La situation politique est critique, avec cette révélation feuilletonesque. Le premier choc a été la révélation de l’affaire d’espionnage le 19 avril dernier. Le second épisode est arrivé quelques jours plus tard avec la ministre de la Défense, Margarita Robles, qui a justifié à demi-mot cet espionnage par les services secrets en raison de la déclaration d’indépendance d’octobre 2017. Et aujourd’hui, les services secrets entraînent la justice dans ce puits sans fond.
Vers la démission de la ministre de la Défense ?
Le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez pourrait être aspiré. D’une part, les indépendantistes ne promettent plus leur soutien parlementaire, sans lequel le Premier ministre n’a plus de majorité. Plus grave encore, la gauche radicale de Podemos, qui gouverne en coalition avec les socialistes, hausse le ton.« Nous sommes sortis de cette commission plus inquiets qu’en y entrant et cela renforce la nécessité d’assumer des responsabilités politiques », a annoncé devant la presse le porte-parlementaire de Podemos Pablo Echenique.
Paradoxalement, seules la droite et l’extrême-droite soutiennent aujourd’hui le gouvernement de Pedro Sánchez.
La démission de la ministre de la Défense, réclamée à la fois par certains secteurs de Podemos et par les indépendantistes catalans, serait un début de sortie de crise. Un sacrifice très coûteux pour Pedro Sánchez. Margarita Robles, en plus d’être un poids lourd du parti socialiste et du gouvernement, est la ministre la plus appréciée des Espagnols selon les enquêtes.




