mardi 20 janvier 2026

Accident de trains dans le sud de l’Espagne : les premières causes avancées

L’Espagne observe trois jours de deuil national après le tragique accident ferroviaire survenu dimanche soir à Adamuz, dans la province de Cordoue. La collision entre deux trains à grande vitesse a fait au moins 40 morts et plus de 120 blessés en Andalousie. Le bilan pourrait encore s’alourdir.

Ce mardi matin, les autorités appellent à la plus grande prudence. Les services médico-légaux poursuivent l’identification des victimes, une procédure rendue complexe par l’état des corps. Un total de 43 personnes sont portées disparues, 39 blessés restent hospitalisés, dont 13 en soins intensifs.

Sur le site de l’accident, les équipes de secours et les techniciens tentent toujours d’accéder à l’intérieur de deux wagons de l’Alvia Madrid–Huelva, les plus gravement endommagés. Les secours redoutent d’y découvrir de nouvelles victimes. Une partie des carcasses des wagons doit être soulevée dans la journée. Depuis dimanche soir, les opérations mobilisent sans relâche les services d’urgence, appuyés par des unités militaires venues renforcer les dispositifs.

Au-delà de l’intervention des secours, un vaste mouvement de solidarité s’est spontanément organisé. Des habitants ont aidé à transporter les blessés vers les hôpitaux, apporté nourriture et couvertures aux familles présentes sur place, et les centres médicaux ont été massivement sollicités pour des dons de sang.

Des investigations concentrées sur l’état des voies

Concernant les causes de l’accident, l’hypothèse d’une erreur humaine est jugée peu probable par la majorité des experts, au regard des systèmes de sécurité en place. Le train semblait en bon état : fabriqué il y a moins de quatre ans, il avait passé un contrôle technique quelques jours avant l’accident. Enfin, les voies avaient également fait l’objet de travaux de rénovation récents.

Le syndicat des conducteurs avait toutefois signalé, l’été dernier, des vibrations inhabituelles sur cette ligne. Il estime aujourd’hui qu’aucun élément ne permet d’établir un lien direct entre ces alertes et la collision de dimanche soir.

Les investigations se concentrent actuellement sur l’infrastructure. Les voies présentent de lourds dommages à plusieurs endroits, et notamment une rupture nette du rail. Reste à déterminer si ces dégradations sont la conséquence du déraillement ou si elles en sont à l’origine. La piste du sabotage a été écartée. Les enquêteurs évoquent également une succession exceptionnelle de facteurs, notamment l’arrivée du second train seulement vingt secondes après le déraillement du premier, rendant tout freinage impossible.

La question de la concurrence ferroviaire posée

L’ouverture du marché ferroviaire à la concurrence est également évoquée dans le débat public. Le train qui a déraillé appartenait à Iryo, une compagnie à bas coûts, mais aucun lien direct n’est établi à ce stade. Les normes de sécurité sont identiques pour tous les opérateurs, et l’état du matériel ne soulève pas d’inquiétude particulière.

Certains experts soulignent néanmoins que la forte baisse des prix a entraîné un doublement du trafic à grande vitesse en Espagne en cinq ans, avec davantage de trains circulant sur des lignes nécessitant plus d’entretien, de rénovations et d’investissements. L’hypothèse d’un défaut de maintenance n’est ni privilégiée ni écartée à ce stade. L’enquête devra déterminer s’il y a eu, ou non, des manquements du côté des infrastructures.

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