mardi 10 mars 2026

S’installer à Madrid pour un Français : quel quartier choisir ?

Madrid connaît une hausse constante du prix des loyers.

Attirés par la qualité de vie, un projet professionnel ou pour suivre un conjoint, les Français sont de plus en plus nombreux à poser leurs valises à Madrid. Mais une première surprise les attend : un marché immobilier tendu et des prix qui talonnent ceux de Paris.

Autant déconstruire de suite une idée reçue : habiter à Madrid n’est plus bon marché. « Cela reste vrai pour un Français au supermarché ou au restaurant, mais le prix des logements a beaucoup augmenté », constate Isabelle Boix Souffi, fondatrice de Madridem, une boutique immobilière francophone exerçant depuis 2005.

La capitale espagnole attire ces dernières années des expatriés européens, Sud-Américains mais aussi Américains. Un tel engouement accentue la pression immobilière et les prix. L’an dernier, la plateforme immobilière Idealista annonçait pour Madrid une hausse moyenne des loyers de 15 %.

« Il y a encore trois ans, un studio trouvait preneur pour environ 800 euros dans le centre de Madrid, rapporte Julie Hanna, agente immobilier indépendante collaborant avec Century21. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui ».

Les profils des nouveaux arrivants : étudiants, jeunes actifs ou familles expatriées. Les objectifs sont différents selon le mode de vie recherché et le budget.

Etudiants : profiter de la vie du centre

Chaque année, des étudiants français viennent à Madrid pour un semestre ou plusieurs années. Même quand l’université se situe en périphérie, beaucoup privilégient le centre « quitte à faire entre 45 minutes et une heure de trajet », relève Julie Hanna.

Les quartiers de Malasaña, Chueca ou La Latina attirent par leur ambiance, la vie de quartier et leur desserte en transports. Habiter seul nécessite toutefois des garants solides et un budget d’au moins 1 000 euros par mois. Beaucoup optent donc pour la colocation.

Certains logements sont plus accessibles mais « en général ce sont de vieilles constructions », précise Audrey Chesneau, CEO de Madrid Expat Services, spécialisée dans l’installation des étrangers. Elle conseille une résidence universitaire la première année, pour 1 500 euros tout compris.

Jeunes actifs : la tranquillité proche du centre

Séduits par Madrid durant leurs études ou après un séjour, de nombreux Français décident de s’y installer. « Ils possèdent un budget supérieur aux étudiants et recherchent la tranquillité, un peu hors du centre historique », explique Julie Hanna.

madrid vue

Leurs recherches se concentrent principalement sur Chamberí ou Salamanca, notamment autour de Goya, « afin d’y retrouver du dynamisme dans un quartier quartier chic », précise l’agente immobilière. Ceux qui souhaitent être plus proche pour « mieux vivre la ville, opteront pour Las Letras, Sol ou encore Argüelles », ajoute Isabelle Boix Souffi.

Une personne seule peut trouver un logement pour 1 500 euros. Les couples recherchent souvent une seconde chambre et tablent sur un budget compris entre 1800 et 2 500 euros. Davantage pour une terrasse ou une place de parking. La proximité d’un parc est également un critère important. « Ceux qui peuvent se le permettre vont tenter de trouver des appartements à côté du Retiro », constate Julie Hanna.

Familles : superficie et proximité des écoles

Troisième profil : les familles expatriées dont l’un des parents a été envoyé en Espagne par l’entreprise. Elles souhaitent généralement « passer d’un appartement à une maison », explique Isabelle Boix Souffi. Une volonté difficile à accomplir au sein de la M-30 (le centre de Madrid), où les biens sont rares et très chers.

Beaucoup prospectent donc autour d’un des trois lycées français de la ville, notamment leprincipal, le Lycée Français de Madrid, situé dans le quartier de Conde de Orgaz. Le budget pour la location d’une maison est d’au moins 4 000 euros et peut dépasser 15 000 euros pour les biens de haut standing.

A l’ouest, Pozuelo de Alarcón attire l’attention des Français pour son établissement scolaire à proximité, mais aussi ses espaces et connexions directes vers le centre de Madrid. Au nord-est, Julie Hanna recommande Alcobendas : « C’est plus abordable que Conde de Orgaz et proche d’un autre lycée français, sur le campus de la Moraleja ». Les biens proposés dans ces zones affichent souvent de plus de grandes superficies et sont plus abordables.

Les quartiers moins recommandés

Si Madrid a la réputation d’être très sûre, certains secteurs sont déconseillés aux nouveaux arrivants. Lavapiés est souvent cité. Dynamique et multiculturel, ce quartier abrite quelques rues jugées peu rassurantes. « Il y a beaucoup d’activités et de choses à faire, mais pour conseiller un quartier, il faut que ce soit à 100 % sûr, je l’ai donc retiré de mes recommandations », explique Julie Hanna.

Très local, accueillant des familles installées depuis longtemps, Vallecas est également peu conseillé par Isabelle Boix Souffi, qui alerte sur les risques d’occupation illégale, tout comme à Villaverde ou Entrevías.

Bien se préparer

Les professionnels insistent sur la nécessité de bien préparer son arrivée à Madrid. « Les propriétaires ont des critères d’exigence élevés et demandent de solides garanties. C’est comme un mini contrôle fiscal », ironise Audrey Chesneau.

Faire sa demande de NIE au plus vite, sur place ou en amont, facilite les démarches. Se faire accompagner par les professionnels de l’expatriation permet de gagner du temps et d’éviter les arnaques, fréquentes sur les sites de logement.

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