Transports en commun à toute heure, vélos et scooters en libre-service, quartiers pensés pour les piétons… La capitale catalane se vit remarquablement bien sans voiture. Reste à savoir si c’est vrai pour tout le monde.
Embouteillages chroniques sur la Gran Via, chasse au parking qui tourne au cauchemar, factures d’assurance et de stationnement qui s’accumulent… Posséder une voiture à Barcelone, c’est souvent s’infliger une série de contraintes que la ville n’impose pas. Et pourtant, des centaines de milliers de résidents continuent d’en avoir une.
Métro, tram, vélo : la ville a déjà tout prévu
Barcelone dispose de l’un des réseaux de transports en commun les plus denses d’Europe. Métro, bus de nuit, FGC, tramway, Rodalies jusqu’aux villes voisines… La couverture est quasi totale, les tarifs parmi les plus bas du continent. À cela s’ajoutent le Bicing pour les abonnés et les Yego pour les déplacements rapides.
Marina, installée depuis dix ans à Barcelone, a tranché depuis longtemps : « je me déplace en vélo tellement plus pratique que la voiture et plus ecolo ! Ma voiture je l utilise pour aller en France seulement. Après j utilise beaucoup le métro et le ferrocarril et les Yego très pratique aussi. Je pense que Barcelone est une ville extrêmement facile pour se déplacer même si tu n’as pas de voiture il y a pleins d’autres options ! »

Christelle, Française de 56 ans vit en couple depuis 10 ans à Poblenou, a laissé son véhicule en Normandie dès le premier jour. « Je l’ai abandonnée en Normandie ici trop compliqué pour trouver une place pour se garer et en plus  c’est bon pour la planète
Et la ville est bien adaptée pour des balades en vélo ou à pied. »
| Se déplacer à Barcelone : une offre très dense | |
|---|---|
| Métro | 11 lignes, 165 stations, 125 km de réseau (TMB) |
| Bus | 103 lignes, environ 2 600 arrêts (TMB) |
| Trains | FGC et Rodalies connectant toute la métropole |
| Vélos | 8 000 vélos Bicing, 550 stations |
| Usage | 1,8 million de trajets mensuels (Bicing) |
200 € par mois pour rester garé
C’est souvent le calcul financier qui fait basculer les indécis. Max a possédé une voiture pendant plusieurs années avant de rendre les clés. « Entre le parking, l’assurance, la visite technique et l’entretien, ça monte vite à 200 € par mois fixe, soit une location pour un long week-end. Pour rester dans Barcelone, c’est complètement inutile. »

Nicolas, 40 ans, Poble Sec, 25 ans de vie barcelonaise et bon vivant assumé, confirme avec une franchise désarmante : « Une voiture reste une contrainte pour se garer. Et les vermuts ont tendance à durer… il est donc préférable d’éviter de conduire. »
| Voiture à Barcelone : un usage de plus en plus marginal | |
|---|---|
| Parking | 150 à 250 € par mois pour une place privée |
| Usage | Environ 1 déplacement sur 4 en voiture |
| ZBE | Zone à faibles émissions active en semaine |
Une voiture surtout pour s’échapper
Pour autant, tous les profils ne se ressemblent pas. Si la ville intra-muros est parfaitement navigable sans clés de voiture, les envies d’évasion réclament parfois un moteur. Certains résidents reconnaissent volontiers que leur véhicule ne sort du parking que pour quitter l’agglomération : « Oui, pour explorer les plages autour », glisse un habitant anonyme. Nicolas ajoute fermement « lorsqu’on veut se faire un week-end on loue une voiture. »
La voiture barcelonaise est donc souvent une voiture de week-end, remisée en semaine dans un parking hors de prix et ressortie pour rejoindre le Garraf, le Maresme ou les Pyrénées. Pour les familles, les travailleurs en dehors de la ville ou les amoureux de plages isolées, elle conserve son utilité. Pour les autres, et ils sont nombreux, elle ressemble de plus en plus à un luxe encombrant dont on peut se passer sans rien perdre. Sauf peut-être un peu de liberté, les rares fois où l’on veut vraiment partir loin.




