L’Espagne pourrait accueillir plus de 100 millions de touristes étrangers en 2026, un record absolu. Porté par la demande européenne, américaine et latino-américaine, le pays confirme son statut de destination refuge dans un contexte international incertain.
Photo : Clémentine Laurent
L’Espagne n’a jamais été aussi proche de franchir une barre symbolique : celle des 100 millions de touristes étrangers en une seule année. L’année dernière, déjà, elle l’avait frôlée de peu avec 97 millions de visiteurs. Cette fois-ci, tout est réuni pour battre un nouveau record. Le ministre espagnol de l’Industrie et du Tourisme, Jordi Hereu, juge d’ailleurs que c’est « probable » si la tendance actuelle se confirme. « Nous le célébrerons à la fin de l’année », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Madrid.
Selon les prévisions du gouvernement espagnol, le pays devrait recevoir 43 millions de visiteurs internationaux entre juin et septembre, soit une hausse de 6% par rapport à l’été précédent. Pour la firme d’analyse économique Oxford Economics, l’Espagne bénéficie d’un contexte international favorable, notamment de l’incertitude provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Une partie des voyageurs choisirait des alternatives plus proches et plus stables, tandis que les Européens privilégieraient davantage les destinations de proximité pour leurs vacances d’été.
Les experts évoquent déjà des signes précoces de ce phénomène, et notamment une hausse inattendue du nombre de visiteurs dès avril.« Nous avons clairement vu un déplacement des voyages prévus vers le Moyen-Orient revenir vers l’Espagne, notamment pour des séminaires professionnels, puis des voyages privés lointains aussi annulés au profit de l’Espagne », nous confie un hôtelier français à Barcelone. Les données de la plateforme Sojern confirment cette tendance. L’Espagne s’impose comme l’un des marchés touristiques les plus dynamiques du sud de l’Europe pour l’été, avec une hausse de 32 % des réservations de vols par rapport à la même période l’an dernier.
Barcelone et Madrid, fers de lance du tourisme espagnol
La capitale catalane reste l’un des grands pôles d’attraction du pays, dans un moment où l’Espagne met en avant plusieurs atouts : un bon rapport qualité-prix, une offre de luxe en expansion et une infrastructure touristique déjà très développée. Selon Oxford Economics, ces éléments en font une destination attractive à la fois pour les voyageurs au budget maîtrisé et pour ceux qui recherchent des séjours haut de gamme.
L’Espagne conserve aussi une position dominante auprès des voyageurs latino-américains. Madrid capte ainsi 29 % de part de marché comme porte d’entrée européenne, loin devant Rome avec 8% et Paris avec 7%.

Cette poussée touristique devrait continuer à soutenir les secteurs liés à la consommation, notamment le commerce et l’hôtellerie. Le ministre Jordi Hereu met également en avant le dynamisme de l’emploi touristique, qui compte actuellement plus de trois millions de travailleurs, un record. Mais sans évoquer les problèmes issus du surtourisme qui étouffe de plus en plus de régions. Même la côte nord, jusqu’ici épargnée, se plaint de l’afflux de visiteurs. Un problème auquel il est difficile de s’attaquer, tant l’économie espagnole dépend de son succès touristique.




