Dans quel quartier de Madrid a-t-on le plus chaud ? 

Taille du texte

Jusqu’à 8,5 °C peuvent séparer deux quartiers de Madrid lors d’une même journée de canicule. Une récente étude révèle que tous les Madrilènes ne sont pas égaux face à la chaleur. Entre manque de végétation, densité urbaine et îlots de chaleur, certains secteurs suffoquent tandis que d’autres profitent d’une véritable fraîcheur naturelle.

À Madrid, la chaleur ne dépend pas uniquement du thermomètre. Elle varie aussi selon le quartier de résidence. Une étude menée par le cabinet d’ingénierie Arup montre que la capitale espagnole possède l’un des îlots de chaleur urbains les plus marqués parmi les grandes métropoles étudiées.

La différence est parfois spectaculaire : lors des journées les plus chaudes, jusqu’à 8,5 °C séparent Malasaña, situé au cœur de la ville, du nord de Casa de Campo.

image 4

Ces écarts s’expliquent principalement par la quantité de végétation, la densité du bâti et la capacité des quartiers à évacuer la chaleur. Plus un secteur est minéral, plus il emmagasine la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. Ce phénomène accentue les températures au moment où les habitants cherchent à se rafraîchir.

Les quartiers les plus exposés 

Tous les quartiers madrilènes ne sont pas logés à la même enseigne. Malasaña est aujourd’hui identifié comme le secteur le plus chaud de la capitale. Autour de la Plaza Juan Pujol, la couverture végétale ne représente que 3% de l’espace. Résultat, ce quartier accumule davantage de chaleur que n’importe quel autre.

Plus largement, plusieurs secteurs du quartier de Centro, notamment Lavapiés, présentent les mêmes caractéristiques : rues étroites, immeubles denses, peu d’arbres et une forte présence de béton. La chaleur y reste piégée entre les bâtiments, rendant les épisodes de canicule particulièrement difficiles à supporter.

image 3
Rue du quartier d’Usera, Madrid

Les inégalités se prolongent également dans le sud de Madrid. Les zones de Usera, Puente de Vallecas, Carabanchel et Villaverde figurent parmi les plus vulnérables face aux fortes chaleurs. Elles cumulent un déficit d’espaces verts, un environnement très minéralisé et un parc immobilier souvent moins performant pour résister aux températures extrêmes. À Puente de Vallecas, plus de 1 300 arbres ont disparu depuis 2019, soit près de 3 % du couvert arboré du district, réduisant encore sa capacité à lutter contre les îlots de chaleur.

Casa de Campo, un climatiseur naturel

À l’inverse, certains quartiers profitent pleinement de la présence de grands espaces verts. Casa de Campo, avec ses 1 700 hectares, constitue le principal îlot de fraîcheur de Madrid. Le parc affiche une couverture végétale de 89 %, contre seulement 3 % à Malasaña. Cette différence explique pourquoi les températures peuvent y être inférieures de 8,5 °C lors des journées les plus chaudes.

Les secteurs situés à proximité du Retiro ou du Monte de El Pardo bénéficient eux aussi de cet effet rafraîchissant. Plus largement, les études montrent que les quartiers les plus frais possèdent généralement plus de 70% de végétation, alors que les plus chauds en comptent moins de 6%.

image 5 scaled
Parc du Retiro, Madrid

Ces écarts ne sont pas sans conséquence pour les habitants. Selon les données de la Ville de Madrid, environ 313 000 personnes âgées de plus de 65 ans et 178 000 enfants de moins de 4 ans vivent dans des secteurs particulièrement exposés aux fortes chaleurs, deux populations particulièrement vulnérables lors de ces épisodes de chaleur.

Face à cette situation, Madrid multiplie les plantations d’arbres, développe ses espaces ombragés et cherche à renforcer son réseau de refuges climatiques. Mais les spécialistes estiment que ces efforts devront s’accélérer. Avec des vagues de chaleur appelées à devenir plus fréquentes et plus longues, la végétalisation apparaît comme le levier le plus efficace pour réduire les écarts de température entre quartiers.

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

Recommandé pour vous

Image de Arthur Chanteclair

Arthur Chanteclair

Journaliste en formation à la rédaction d'Equinox et à l'école W (Paris).
Image de Arthur Chanteclair

Arthur Chanteclair

Journaliste en formation à la rédaction d'Equinox et à l'école W (Paris).
  • ESSAI GRATUIT

    gymglish
  • L’actu en Espagne, directement dans votre boîte mail

    Chaque semaine, l'essentiel de l’actualité en Espagne. Sans bruit.