Confrontée à plusieurs incendies hors de contrôle autour de Madrid et dans la province voisine d’Ávila, l’Espagne a activé le Mécanisme européen de protection civile. Quatre avions bombardiers d’eau ont été réclamés, tandis que l’État reprend la direction des opérations.
L’Espagne change d’échelle face aux flammes. Après une nouvelle nuit de lutte contre plusieurs incendies particulièrement menaçants dans le centre du pays, le gouvernement a sollicité ce vendredi matin l’assistance de l’Union européenne. Il réclame au moins quatre avions de lutte contre le feu afin de renforcer un dispositif national soumis à une pression croissante.
La Grèce a déjà proposé l’envoi de deux Canadair CL-415, des appareils amphibies capables de se ravitailler directement sur un plan d’eau. Une réunion technique doit désormais permettre d’organiser leur déploiement et leur intégration aux opérations espagnoles. Pour l’été 2026, l’Union européenne dispose d’une réserve de 22 avions de lutte contre les incendies et de cinq hélicoptères stationnés dans douze pays. Près de 800 pompiers issus de quatorze États ont également été prépositionnés dans les secteurs européens considérés comme les plus exposés.
L’État prend la direction des opérations
La demande européenne intervient après la déclaration d’une « urgence d’intérêt national » dans la Communauté de Madrid et la province d’Ávila. C’est le niveau le plus élevé du système espagnol de protection civile. Il permet au gouvernement central de prendre la direction de la crise, jusqu’ici déléguée aux régions, et de coordonner sous un commandement unique, les ressources de l’État, des régions et des municipalités.
Le ministère de l’Intérieur, dirigé par Fernando Grande-Marlaska, est désormais chargé du pilotage stratégique. La conduite opérationnelle sur le terrain revient à l’Unité militaire d’urgence, l’UME, spécialisée dans les catastrophes naturelles et les interventions de grande ampleur.
Près de 1 000 militaires sont mobilisés ou en cours de déploiement, aux côtés des pompiers, agents forestiers, policiers, gardes civils et personnels de la protection civile. Des renforts doivent également arriver d’autres régions : l’Andalousie doit envoyer des équipes dans la Communauté de Madrid, tandis que l’Estrémadure apportera son soutien aux opérations menées en Castille-et-León.
Plus de 10 000 personnes évacuées
La situation demeure particulièrement préoccupante autour de Villa del Prado et de San Martín de Valdeiglesias, dans l’ouest de la région madrilène. Vendredi matin, les deux incendies n’étaient toujours ni maîtrisés ni entièrement circonscrits, même si leur progression avait pu être ralentie par endroits.
Les flammes menacent plusieurs communes situées dans une zone très fréquentée pendant l’été, à proximité de résidences secondaires et du lac artificiel de San Juan. Les habitants de Villa del Prado, San Martín de Valdeiglesias, Pelayos de la Presa et Aldea del Fresno figurent parmi les populations évacuées.
Au total, plus de 10 000 personnes auraient dû quitter leur logement dans la Communauté de Madrid. Plus de 270 professionnels et une quarantaine de moyens terrestres étaient engagés dans cette seule région lors du dernier bilan communiqué.
Dans la province d’Ávila, le feu de Burgohondo concentre également les inquiétudes. Environ 1 500 personnes ont été évacuées et plusieurs milliers d’autres ont reçu l’ordre de rester confinées. L’incendie affecte un secteur montagneux et boisé proche de la réserve naturelle de la vallée d’Iruelas, dont le relief complique l’accès des équipes terrestres.
Le vent reste l’un des principaux adversaires des secours. Ses changements de direction peuvent accélérer brutalement les fronts de flammes, provoquer des départs secondaires et empêcher l’intervention des moyens aériens lorsque les rafales deviennent trop fortes.



