« Comment le lycée français de Barcelone a changé ma façon d’imaginer mon avenir »

Lycée français de Barcelone
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Le lundi, Equinox ouvre ses colonnes à des regards personnels sur Barcelone, l’Espagne et la vie locale pour une tribune libre. Cette semaine, c’est Cerise de Becque, journaliste en stage de fin d’études au sein de la rédaction d’Equinox, qui prend la plume. 

Septembre 2022. Je me rappelle être arrivée le jour de la rentrée devant le grand portail en bois du lycée français de Barcelone. J’avais l’impression d’être sur un campus qu’on voyait dans les films américains. Les palmiers, le grand bâtiment, la cour sur deux étages, les terrains de sport, la cafétéria… C’était le rêve.

J’ai grandi pendant 16 ans en région parisienne, dans une petite ville du 91, où j’ai fait la majorité de ma scolarité. L’année de ma première, mes parents m’ont annoncé leur volonté de déménager à Barcelone et nous ont demandé, à ma sœur et moi, si ça nous ferait plaisir. Passer d’une petite ville de banlieue parisienne à Barcelone, en Espagne ? J’étais ravie. Dans ma tête, c’était vacances, soleil, terrasses, plage. C’était la meilleure nouvelle qu’on pouvait m’annoncer.

L’année suivante, nous avons déménagé. Sans regret. Et je me suis donc retrouvée à faire ma terminale au lycée français de Barcelone.

En arrivant, j’ai rapidement compris que, même si je suivais exactement le même programme scolaire qu’en France et que je préparais le même bac, on n’attendait pas tout à fait la même chose de moi. J’avais de bons résultats au lycée en France, sans avoir l’impression de devoir énormément travailler. À Barcelone, j’ai dû m’investir davantage pour maintenir le même niveau.

Mais ce qui m’a le plus marquée, ce n’était pas forcément le niveau des cours. C’était surtout les attentes. Les professeurs accordaient énormément d’importance à l’oral, à l’éloquence, à la manière de construire une réflexion et de la défendre. On ne nous demandait pas seulement de connaître notre cours, mais aussi de savoir nous en servir, de prendre la parole, d’argumenter et de bien nous exprimer. Le programme était le même, mais la manière de nous accompagner était différente.

Et surtout, autour de moi, les études supérieures semblaient occuper une place beaucoup plus importante. Partir loin, étudier dans une grande école ou à l’étranger, c’était normalisé. C’était une possibilité parmi d’autres. Mes amies ont, par exemple, intégré Sciences Po, Paris-Dauphine ou des prépas comme Henri-IV. Ce n’était pas le cas de tout le monde, évidemment.

C’est là que j’ai commencé à voir une vraie différence avec mon lycée en France. Là-bas, je n’avais pas particulièrement le sentiment qu’on nous poussait à faire de longues études, à partir à l’étranger ou à viser certaines formations très sélectives. Ce n’était pas un mauvais lycée, et les élèves n’y étaient évidemment pas moins capables. Mais l’environnement et les attentes étaient différents.

Avec le recul, je ne pense pas forcément que cette différence vienne uniquement de l’école ou des professeurs.

Le lycée français de Barcelone était aussi un environnement socialement différent de celui que j’avais connu jusque-là. Beaucoup de familles avaient l’habitude de voyager, de vivre à l’étranger ou de parler plusieurs langues. Ça se ressentait parfois dans les conversations, notamment quand on parlait des études.

Je me suis facilement intégrée et je n’ai jamais vraiment eu l’impression d’être à part. Mais il y avait quand même des petites différences que je remarquais. Mes amis citaient des écoles, des cursus ou des licences dont je n’avais parfois absolument jamais entendu parler. Ils avaient l’air d’avoir déjà pas mal réfléchi à la suite et de connaître les différentes possibilités, alors que moi, je découvrais tout ça au fur et à mesure. Ce n’était pas forcément quelque chose dont on parlait tout le temps, mais quand le sujet arrivait, je me rendais compte qu’on n’avait pas vraiment les mêmes références.

Au-delà du lycée, il y avait aussi tout simplement le changement de vie. Après 16 ans dans une petite ville de l’Essonne, arriver à Barcelone a été un énorme changement. Un changement très positif. Du jour au lendemain, mes week-ends n’avaient plus grand-chose à voir avec ceux que je connaissais. Les gens sortaient tard, les rues étaient vivantes, les terrasses étaient pleines, la mer était à proximité.

J’avais l’impression que tout était devenu plus grand, plus ouvert, plus accessible.

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Cerise De Becque

Diplômée en journalisme de l'IEJ (Paris-Marseille), arrivée à Barcelone en 2022.
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Cerise De Becque

Diplômée en journalisme de l'IEJ (Paris-Marseille), arrivée à Barcelone en 2022.
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