À Barcelone, 500 candidats pour un appartement : la nouvelle guerre des locations

Vivre à côté d'un appart touristique à Barcelone
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L’offre de logements n’a jamais été aussi faible à Barcelone alors que les nouveaux arrivants sont toujours plus nombreux. Décrocher un appartement nécessite désormais patience et stratégie. 

Il est 8h30 ce mercredi matin à Barcelone. Lucie, rédactrice de 31 ans, se connecte comme chaque jour à Idealista, le principal portail immobilier espagnol. Son budget : 1500 euros. Dans l’idéal, elle aimerait vivre à Gràcia ou dans l’Eixample, mais elle a depuis quelques semaines élargi sa zone de recherche. « Je ne voudrais pas trop baisser mes critères, je m’accroche, mais rien que décrocher une visite, c’est très dur ».

Ce matin, il y 542 annonces d’appartements à 1500 euros ou moins, dont seules 133 proposent un bail longue durée. Entre l’Eixample et Gràcia, le nombre se réduit à 30. Les autres annonces, c’est-à-dire 75% des logements proposés actuellement, sont des baux temporaires destinés à des résidents de moins d’un an : étudiants, salariés détachés pour une courte période, malades en traitement à Barcelone.

Lucie repère un appartement de 70 mètres carrés à 1400 euros, publié la veille. Mais l’annonce précise que l’agence a reçu 248 messages. « Ce n’est même pas la peine d’essayer, c’est trop tard ». Vite, elle passe à un autre appartement, cette fois à Gràcia et publié ce matin même. Douche froide : 482 messages ont déjà été envoyés.

Une réalité devenue quotidienne pour tous les nouveaux arrivants en recherche d’appartements comme pour les professionnels du secteur. « Les appartements entre 1400 et 1800 euros, qui sont les plus recherchés, reçoivent souvent 500 demandes de visites en quelques jours », explique Olivier Goldstein, chasseur d’appartements pour A Place to Live et co-animateur du podcast Immobilier en Espagne : mode d’emploi. Même sur les segments plus haut de gamme, la quête devient ardue. « Récemment, un appartement de 3200 euros à Sarrià a reçu 60 demandes, un chiffre très élevé ».

Des techniques de vente pour louer

Face à cette concurrence, il devient alors essentiel de développer des stratégies. C’est ce qu’a fait Caroline, qui a décidé de revenir vivre à Barcelone en famille après quatre ans de retour en France. « J’ai intégré plusieurs groupes whatsapp francophones, notamment des groupes de quartiers et j’ai posté des messages de recherche ». La commerciale de 36 ans indique avoir eu « quelques pistes très sérieuses » de personnes quittant leur appartement aux dates de son arrivée.

se loger à Barcelone

Mais c’est sur Idealista qu’elle trouve l’appartement de ses rêves. « J’ai harcelé l’agence jusqu’à la moelle pour obtenir une visite », raconte-t-elle. En même temps, elle envoie son dossier à tous les employés dont elle peut trouver l’e-mail. Et pas n’importe quel dossier. « J’ai réalisé un joli PDF qui attise la curiosité, je me mets à la place du propriétaire pour lui donner envie de me louer son appartement ».

Elle décroche finalement la visite, qu’elle fera en appel vidéo grâce une amie sur place, puisqu’elle se trouve encore en France. « Je propose tout de suite de le prendre, mais l’agence me dit qu’elle a encore des dizaines de visites après moi, et en plus, ce sont des gens qui sont sur place ! » Finalement, Caroline décroche le bail et s’installe à Gràcia. Forte de son expérience, elle lance en parallèle de son activité salariée un service pour aider les locataires en recherche d’appartements à constituer un dossier attractif.

« Il est très important de bien remplir son profil sur Idealista, et de prendre le temps de rédiger une description de vous, qui va au-delà des revenus », ajoute Olivier Goldstein. Lui utilise l’outil Getprio, qui permet de recevoir les nouvelles annonces publiées sur Idealista un peu avant l’envoi des notifications du site. Un avantage non négligeable au vu du nombre de demandes reçues. « L’agence ou le propriétaire ne vont pas regarder les dizaines ou centaines de profils, ils vont simplement étudier les premiers reçus », explique le professionnel, qui trouve également beaucoup d’appartements pour ses clients via son propre réseau off-market.

La situation peut-elle s’améliorer dans les prochains mois, après le rush de la rentrée ? Peu probable, estiment les experts. « A l’approche des élections municipales et législatives de l’année prochaine, les propriétaires dont les baux se terminent prochainement vont sans doute attendre de voir qui passe avant de remettre leur bien à la location, pour évaluer les prochaines mesures ou restrictions applicables ». La quête d’un logement à Barcelone pourrait donc encore se durcir.

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Image de Aurélie Chamerois

Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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