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Equinox part à la rencontre des Français heureux de vivre dans la capitale espagnole. Une chronique où les expatriés de l’Hexagone parlent de ce qu’ils apprécient de leur terre d’accueil. Et c’est au tour d’Alexis, arrivé il y a cinq ans à Madrid, de partager son expérience.

Originaire de Cholet et de Nantes, Alexis a trouvé son bonheur à Madrid. Il y pose ses valises en novembre 2021, quelques mois après le début de la reprise post-Covid. À la recherche de nouveaux horizons, il prend la route d’abord du Portugal avant de rejoindre l’Espagne.

À Madrid, il découvre la danse latine. « Comme je venais de me faire larguer, j’étais un peu plus ouvert d’esprit, confie-t-il. Dans cette situation, tu veux apprendre la langue, de nouvelles choses ». Il se réfugie donc dans la danse. « J’étais content car je pouvais améliorer mon espagnol tout en apprenant la salsa ». Par la suite, il s’essaie et tombe amoureux de la bachata, « un truc de fou ! Je me suis mis à fond dedans». Cerise sur le gâteau, il y rencontre sa copine « Rocío, elle est Péruvienne et on donne des cours ensemble maintenant ».

Au final, celui qui ne devait rester que six mois pour « apprendre l’espagnol et rejoindre l’Amérique latine » habite toujours à Madrid, une place forte mondiale de la bachata.

Comment es-tu arrivé à Madrid ?

J’étais professeur de danse à Cholet et à Nantes. J’avais ma micro-entreprise dans le breakdance. Après le Covid, on voulait respirer avec ma copine, vivre de nouvelles choses. On a envoyé des CV et on a pris ma voiture direction Lisbonne. Finalement, on s’est quittés sur la route, à Bordeaux, sur la place du Miroir d’Eau.

J’ai donc continué seul. J’ai travaillé un mois à Lisbonne, dans un call center. Et comme j’avais des contacts dans le breakdance à Madrid, je m’y suis installé. De plus, je préférais l’Espagnol au Portugais, notamment pour me rendre en Amérique latine par la suite.

Pourquoi es-tu resté ?

Dans la capitale et ses environs, tu comptes des milliers de danseurs, de tous les niveaux. Madrid est reconnue dans le milieu de la danse. Ici, la danse est un business. Les professeurs vendent des formations, des certifications. Maintenant, je donne des cours et je fais aussi des apparitions à la TV, dans l’émission La Revuelta, sur La 1. J’ai le rôle du danseur un peu fou. J’ai notamment eu la chance de danser avec Rosalía, de faire un battle de danse avec Prince Royce, lors de sa venue sur le plateau avec Romeo Santos.

J’ai été diffusé une quinzaine de fois et en plus, je suis payé à chaque apparition. Et franchement, ça c’est vraiment cool. De plus, j’ai l’impression que ça fonctionne mieux pour moi ici qu’en France. Ici, avec mes cheveux châtains et mes yeux bleus, je suis exotique. Alors qu’en France je suis un mec banal.

Quelles différences pour toi entre la France et la vie à Madrid ?

Il y a plein de choses même si c’est assez subtil. Déjà l’énergie. Je le sens quand je rentre et que j’arrive à l’aéroport de Nantes. Tu sens qu’elle baisse. En France, on a la courtoisie. Par exemple, quand on trinque, on se regarde dans les yeux alors qu’ici on va penser que tu veux draguer.

Ensuite, je dirais que si les Espagnols reconnaissent volontiers la qualité de la cuisine française, je trouve, de manière générale, qu’ils ont moins ce souci de la qualité du service et de la cuisine. On m’a souvent recommandé des endroits pour manger et finalement c’était assez banal. Par contre, quand ils vont en France, dans les boulangeries ou les restaurants, ils font souvent l’éloge de nos plats et pâtisseries.

Quel est ton quartier préféré à Madrid?

Je recommande Delicias. J’y habite et c’est vraiment pas mal. Il y a des locaux et on est à côté d’Atocha, de Palos de la Frontera. C’est tranquille, il n’y a pas beaucoup de circulation. Peut-être qu’un nouveau venu va préférer Puerta del Sol pour être plus proche du centre et sortir tous les soirs. Moi, j’aime bien la tranquillité.

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Ton restaurant préféré ?

Ce que j’aime ici, c’est la nourriture péruvienne : le ceviche, la causa. En termes de boisson, la chicha morada. C’est tellement bon ! Pour retrouver tout ça, je recommande le Jama Fusion, à Carabanchel. En plus, l’endroit est beau et classe.

Ton conseil pour boire un verre ?

J’aime beaucoup les rooftops. Et ça tombe bien car tu en as plein à Madrid. Par exemple, le Sky44 vers Gran Vía. Pour avoir une belle vue, faire de belles photos, c’est le RIU Hotel, sur la Plaza de España. L’entrée est payante, environ 15 euros. Ce sont des endroits sympas mais il ne faut pas avoir peur de sortir le portefeuille car tu paies pour la vue.

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Ton quartier pour sortir ?

Pour le côté commercial, je dirais le Teatro Kapital. Il y a toujours plein de monde et c’est sur plusieurs étages. Personnellement, je sors beaucoup pour la bachata. Et pour ça il y a le Bongo, les Oh My Club. Tu as aussi The Host, le Jowke ou le Bonnamara. Ce n’est pas ce qui manque, les lieux pour sortir.

Un endroit pas trop connu que tu recommanderais ?

Si tu as une voiture et que tu veux voir autre chose que du béton et respirer, il faut aller dans les montagnes, comme Manzanares el Real. On n’est pas habitué à en voir de pareilles à Cholet. Donc je suis toujours admiratif devant elles. Dans Madrid même, je conseille le parc Cerro del Tío Pío, aussi connu sous le nom de las Siete Tetas. Si tu veux te poser avec une belle vue, c’est l’idéal. Tu peux y boire une bière, aller au restaurant.

Ton meilleur souvenir à Madrid ?

Quand la danse latine m’a touché. Je prenais des cours de bachata avec des profs vénézuéliens et j’ai tout de suite été marqué par leur accent qui aspire les H. J’ai kiffé. Et quand je les ai vus danser, je me suis dit que c’était ça que je voulais faire. Ça m’a donné envie de faire quelque chose de nouveau, de sortir de ma zone de confort.

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Xavier Trèfle

Xavier Trèfle est journaliste à Madrid, après un an passé à Barcelone. Diplômé de l’École Supérieure de Journalisme de Montpellier, il a travaillé pour La Montagne, RMC Sport, Canal Plus et Radio France. Il est l’auteur de "Au cœur de la NBA", consacré aux coulisses de la ligue nord-américaine.
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Xavier Trèfle

Xavier Trèfle est journaliste à Madrid, après un an passé à Barcelone. Diplômé de l’École Supérieure de Journalisme de Montpellier, il a travaillé pour La Montagne, RMC Sport, Canal Plus et Radio France. Il est l’auteur de "Au cœur de la NBA", consacré aux coulisses de la ligue nord-américaine.
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