Une vaste étude menée sur les courses en Espagne, démontre que, pour un panier identique, selon les supermarchés choisis, le passage en caisse ne sera pas du tout le même.
Quelques centimes sur le lait, cinquante de plus sur le poisson, un euro supplémentaire sur un produit ménager. Pris séparément, les écarts semblent anodins. Additionnés sur douze mois, ils peuvent représenter plus d’un salaire.
Selon la dernière enquête annuelle de l’Organisation des consommateurs et usagers (OCU), un ménage peut économiser en moyenne 1 310 euros par an en faisant ses courses dans les établissements les moins chers plutôt que dans les plus coûteux. Cela représente environ 20 % d’un budget annuel moyen de 6 602 euros consacré au panier analysé par l’association.
Courses en Espagne : À Barcelone, près de 1 823 euros d’écart
L’OCU a passé au crible 101 520 prix dans 690 établissements, physiques et en ligne, répartis dans 189 villes espagnoles.
Son panier témoin comprend 244 produits : fruits, légumes, viande, poisson, produits emballés, articles d’hygiène et produits ménagers, avec aussi bien des grandes marques que des marques distributeurs.
À Barcelone, l’écart peut atteindre 1 823 euros sur une année pour un ménage moyen. La capitale catalane figure d’ailleurs parmi les capitales provinciales où le niveau général des prix est le plus élevé en Espagne. La Catalogne n’est globalement pas une terre de bonnes affaires pour remplir son réfrigérateur. L’OCU classe la région parmi les plus chères et Cerdanyola del Vallès figure même parmi les villes espagnoles affichant les niveaux de prix les plus élevés.
À Madrid, entre le commerce le moins cher et le plus cher analysés par l’association, l’écart annuel peut atteindre 4 381 euros. C’est le record national.
Les produits frais continuent de flamber
Une petite bonne nouvelle se cache malgré tout dans l’étude : la hausse des prix ralentit. Le panier de l’OCU a augmenté de 1,8 % sur un an, soit la progression la plus faible observée depuis cinq ans.
Mais derrière cette moyenne relativement contenue se cache une réalité beaucoup moins réjouissante dès que l’on s’approche des rayons frais. Le poisson a augmenté de 8,6 % en un an, la viande de 3,7 %, tandis que les fruits et légumes progressent de 3,5 %. Dans l’ensemble, les produits frais coûtent 4,7 % de plus qu’un an auparavant.
Certains produits ont même connu des envolées impressionnantes. Les tomates ont grimpé de plus de 33 %, les citrons de 25 %, le chou-fleur de près de 23 % et les aubergines de plus de 20 %. À l’inverse, les bananes des Canaries, les artichauts ou encore certains produits non alimentaires ont baissé. Sur cinq ans, le constat est beaucoup plus sévère. Les produits alimentaires analysés par l’OCU ont accumulé une hausse de 39,5 %. Autrement dit, même si l’inflation ralentit, les prix restent à des niveaux historiquement élevés.
Mercadona, Lidl et Aldi ont baissé leurs prix
Huit chaînes ont cependant réduit leur niveau de prix par rapport à l’année précédente : Consum, Familia, Supeco, E.Leclerc, Aldi, Mercadona, Lidl et Carrefour Market. À l’inverse, BM Urban et Ahorramás font partie des rares grandes enseignes à avoir augmenté leurs tarifs davantage que l’inflation générale.
En valeur absolue, Supermercados Dani, surtout implanté en Andalousie, arrive en tête des chaînes les moins chères, devant notamment Family Cash, Tifer, Alcampo et Supeco. Pour les enseignes présentes dans une grande partie de l’Espagne, Alcampo reste l’une des références les plus économiques. À l’autre bout du classement figurent notamment Hipercor, El Corte Inglés, Supercor et Sánchez Romero. Les magasins Sánchez Romero de Madrid comptent parmi les établissements les plus chers étudiés cette année.
Faire ses courses en Espagne en changeant ses habitudes
Le constat de l’étude est finalement assez simple : à produits comparables, l’adresse où l’on pousse son chariot peut peser presque autant que ce que l’on met dedans. Et la géographie joue beaucoup. Les villes les moins chères se concentrent notamment dans la Communauté valencienne. Torrent arrive en tête, devant Villarreal et Santa Pola. À l’inverse, plusieurs communes aisées de la région madrilène, le Pays basque et certaines villes catalanes occupent le haut du classement des prix. Dans un contexte où l’alimentation reste près de 40 % plus chère qu’il y a cinq ans, comparer les supermarchés n’a donc plus grand-chose d’un réflexe de consommateur particulièrement économe.



