Victoire de la gauche aux USA : ce que ça change pour l’Espagne

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La gauche prend le contrôle du Parlement et du Sénat américains. Que va-t-il se passer pour l’Espagne avec ce changement de couleur politique dans le contexte d’une guerre ouverte entre Donald Trump et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez ?

Il ne faut pas oublier que Trump reste président pour les deux dernières années de son mandat, et les démocrates ne prendront le contrôle du Sénat qu’en janvier, conformément à la Constitution. Surtout, Trump a d’ores et déjà annoncé vouloir opposer son veto aux lois d’un Congrès démocrate. Avec ce panorama, va-t-il y avoir des changements pour l’Espagne ? La réponse est mitigée. Passage en revue.

Huile d’olive, vin, automobile

Pour rappel, depuis juillet, la Cour suprême a invalidé les droits de douane décrétés par le président Trump. Washington applique depuis 10 % supplémentaires aux pays qui avaient déjà des engagements, comme l’Union européenne. Les démocrates avaient promis, s’ils gagnaient, de forcer des votes au Congrès sur ces droits de douane. Cela exposerait à une révision le régime qui frappe l’huile d’olive, le vin, les machines et les pièces auto espagnols. Mais le gestionnaire Tikehau Capital estime que la politique commerciale reste aux mains de l’exécutif, donc que le changement au Congrès ne suffit pas à faire baisser les tarifs. En raison de la politique antirépublicaine de la part du gouvernement espagnol, Trump a menacé à plusieurs reprises de « couper tout le commerce ». Mais ces paroles martiales n’ont pas été pleinement appliquées, car le commerce relève de l’Union européenne et non de l’Espagne seule. Globalement, pour les exportateurs espagnols, le résultat ouvre une marge d’influence, sans permettre de compter dès maintenant sur des droits plus bas.

Défense et bases militaires de Rota et Morón

Pour le contexte, l’Espagne est le seul pays de l’OTAN à ne pas s’être engagé à porter ses dépenses de défense à 5 % du PIB. C’est aussi le premier à avoir refusé l’usage des bases américaines présentes sur le territoire espagnol dans le cadre de la guerre contre l’Iran. En réponse, Trump a envisagé d’en retirer des militaires. Ici aussi, il faut raison garder : la défaite de Trump n’annule pas les engagements pris à l’OTAN et ne change pas, à elle seule, ce qu’on exige de l’Espagne.

Une crise diplomatique a marqué 2025-2026, considérée comme l’une des plus graves depuis des décennies. Elle portait sur les dépenses de défense, les bases et des divergences sur l’Iran et Gaza, Sánchez ayant été très critique envers Israël et certaines positions de Trump.

Politique intérieure

Sur le plan intérieur espagnol, le trumpisme a renforcé les clivages : la gauche socialiste et radicale au gouvernement s’oppose frontalement aux politiques de Trump, tandis que la droite nationaliste Vox est plus alignée sur le président américain.

« Hier, la société américaine a voté contre les politiques qui ne font qu’appauvrir la population. Contre la haine. Contre le machisme. Contre le déni climatique et contre les privilèges des élites. Cela s’est produit au Brésil. Cela vient de se produire aux États-Unis. Et cela se produira bientôt en Espagne. La vague d’extrême droite sur laquelle Feijóo [chef de l’opposition de droite, NDLR] et Abascal [chef de la droite nationaliste de Vox] cherchent à surfer ne progresse plus : elle s’effondre. »

Sur le réseau social X, Pedro Sánchez est chaud comme la braise et croit savoir que la victoire de la gauche au Brésil et aux USA appelle un succès pour le Premier ministre socialiste lors des législatives du 29 novembre. Selon la lecture faite de l’événement, l’on pourrait aussi conclure que les Américains ont appliqué le « sortons les sortants », ce qui ne ferait pas les affaires du leader espagnol.

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Image de Nico Salvado

Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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