La guerre va faire exploser l’inflation en Espagne

Guerre en Iran : inflation, carburant, tourisme… l’économie espagnole commence déjà à ressentir les effets sur les prix.

Alors que la guerre contre l’Iran s’intensifie et que le détroit stratégique d’Ormuz est fermé, les premières répercussions économiques apparaissent déjà en Espagne. Selon une première analyse du centre d’études économiques Funcas, l’impact reste pour l’instant limité mais pourrait se faire sentir sur l’inflation, la consommation et la croissance si le conflit se prolonge.

Funcas part d’une hypothèse prudente : une guerre d’une durée d’environ trois mois. Dans ce scénario, l’inflation en Espagne pourrait dépasser les 3 % d’ici l’été avant de redescendre vers 2,5 % en fin d’année. La croissance économique serait également légèrement revue à la baisse, avec un PIB attendu à 2,2 % en 2026, soit deux dixièmes de moins que les prévisions initiales.

Cerné par les affaires judiciaires, sans pouvoir faire adopter les budgets depuis 3 ans, la forte croissance espagnole est la bouée de sauvetage de Pedro Sánchez pour ne pas dissoudre le Parlement et déclencher, de fait, des élections législatives anticipées.

Devant la presse aux côtés du Premier ministre portugais Luís Montenegro, Pedro Sánchez a maintenu une ligne claire : pour l’Espagne, cette intervention militaire « est une énorme erreur » et « ne respecte pas le droit international ». Selon le chef de l’exécutif espagnol, cette guerre aura des conséquences lourdes, déjà visibles à travers la hausse des prix du pétrole et du gaz et les victimes qu’elle pourrait provoquer.

Les faits viennent cependant contredire les paroles. Hier, la presse se faisait l’écho des archives du ministère de l’Économie : depuis l’arrivée au pouvoir de Pedro Sánchez en 2018, ce sont plus de 7 millions d’euros d’armes fabriquées en Espagne qui ont été vendues en Iran. Donald Trump, peu de temps auparavant, avait lâché une phrase lourde de conséquences : avec son comportement envers les terroristes, l’Espagne met en danger la vie des Américains.

Tentant de faire baisser la pression, le Premier ministre a rappelé son « respect pour la présidence des États-Unis » et son « admiration pour la société américaine ». Mais il estime que la loyauté entre alliés implique aussi de signaler lorsqu’une décision est erronée. « Entre pays alliés, il est bon d’aider quand on a raison, mais aussi de dire quand on se trompe », a-t-il déclaré.

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