Licenciés en période d’essai : l’effet inattendu de la réforme du travail en Espagne

Quatre ans après l’entrée en vigueur de la réforme du marché du travail portée par la ministre espagnole du Travail, Yolanda Díaz, ses effets continuent de susciter le débat. Conçue pour réduire la précarité et limiter le recours aux contrats temporaires, la nouvelle loi a profondément modifié la structure de l’emploi en Espagne.

Photo : Clémentine Laurent

Selon les données gouvernementales, le nombre de licenciements de salariés en contrat à durée indéterminée a nettement augmenté. Entre janvier et novembre 2019, 2,9 millions de ruptures avaient été enregistrées. Sur la même période en 2025, ce chiffre dépasse 10 millions. Une progression qui reflète plusieurs motifs de rupture, dont les causes économiques liées à l’entreprise et, surtout, l’échec de la période d’essai.

C’est ce dernier point qui attire particulièrement l’attention. La rupture pendant la période d’essai, autorisée par le droit du travail, permet à l’employeur comme au salarié de mettre fin au contrat sans indemnisation. Historiquement, ce type de fin de contrat restait marginal, notamment pour les contrats à durée indéterminée. Depuis la réforme, il connaît une forte augmentation.

Les CDD très restreints par la loi

Entre janvier et novembre 2025, un total de 668 696 CDI ont été rompus pour ce motif, soit quatre fois plus qu’avant la réforme. Et pour cause : les employeurs doivent désormais embaucher directement en CDI, sauf s’ils peuvent justifier d’une hausse de production exceptionnelle. Fini donc de tester la relation de travail en CDD.

Par conséquent, quand les entreprises avant se contentaient de ne pas renouveler un CDD, elles mettent désormais fin au contrat durant la période d’essai. De plus, les conditions de licenciement se durcissant de plus en plus, les employeurs prennent toutes leurs précautions pour éviter des indemnités et autres poursuites aux prud’hommes.

Cette tendance pourrait donc se poursuivre. La hausse du salaire minimum et les évolutions attendues sur le coût du licenciement vont probablement inciter les entreprises à utiliser davantage ce levier.

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Image de Aurélie Chamerois

Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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Aurélie Chamerois

Cofondatrice d’Equinox et rédactrice en chef, Aurélie Chamerois est basée à Barcelone depuis 2008. Spécialisée dans les thématiques économiques et de société, elle décrypte les mutations du quotidien en Espagne et en Catalogne. Elle couvre aussi l’actualité espagnole pour RTL, BFMTV et Ouest-France.
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