Les saccages de commerces perpétrés par environ 600 jeunes samedi soir en plein centre de Barcelone ont surpris les forces de l’ordre, pourtant averties d’un possible effet de contagion suite aux émeutes en France.
« La France a déjà démontré qu’elle n’avait pas peur. Et nous ? Nous en avons assez de nous plaindre sans que rien ne change. Il est temps de montrer que notre génération aussi a du courage. Barcelone, plaça Catalunya. samedi 17h. »
C’est par ce message, ou d’autres similaires, diffusés sur WhatsApp et sur les réseaux sociaux, qu’environ 600 jeunes se sont réunis samedi en plein coeur de Barcelone. Rapidement, le rassemblement s’est transformé en affrontements avec la police, visiblement débordée par cette foule de jeunes encagoulés et décidés à en découdre. « Ils étaient très jeunes, très violents et très mobiles », explique une source policière. Vers 20h, ils commencent à briser les vitrines des commerces avoisinants et réussissent à s’introduire dans une quinzaine d’entre eux pour y commetre saccages et pillages. Le dispositif policier sur place, pourtant important, semble dépassé. Durant quatre longues heures, entre 18h et 22h environ, le centre de Barcelone s’est transformé en véritable champ de bataille.
Une manifestation pas comme les autres
La police était bien sûr vigilante sur un possible effet de contagion des manifestations étudiantes qui se déploient à travers l’Europe, et notamment en France, mais celle-ci a dépassé toute prévision. Selon la commissaire en chef des Mossos d’Esquadra, Silvia Catà, interviewée sur la radio publique catalane, la situation vécue samedi soir est « assez inexplicable, ce n’est pas une manifestation dont nous avons l’habitude ». Salon elle, aucun groupe politique, militant ou même criminel ne serait à l’origine du rassemblement. Les participants seraient venus de leur propre chef après des appels vus sur les réseaux sociaux. « Ce ne sont pas des groupes de jeunes venus manifester pour revendiquer des droits », a-t-elle ajouté, soulignant que la plupart étaient vêtus de noir et encagoulés.
Le jeune âge des pilleurs a également surpris les forces de l’ordre. Des 128 personnes interpellées, 72 sont mineures, c’est-à-dire plus de la moité. « Ils étaient complètement désorganisés, ils formaient des petits groupes pour réaliser du vandalisme et de la violence gratuite », poursuite la commissaire en chef. En tout, 23 commerces ont été attaqués et 14 policiers sont blessés, dont 4 dans un état grave.
Le maire de Barcelone, Jaume Collboni, a annoncé que la mairie se constituerait partie civile dans les procédures judiciaires engagées contre les personnes interpellées. Elle entend également demander réparation aux parents des mineurs impliqués pour les dégâts causés au mobilier urbain. « Ces actes auront des conséquences. Qu’ils ne s’imaginent pas que briser des vitrines dans le centre-ville est une simple bêtise. Nous irons jusqu’au bout sur le plan judiciaire et pour obtenir réparation », a insisté le maire socialiste.



