Nouveau pas dans l’union des droites en Espagne. Le Partido Popular (PP) et Vox ont conclu ce lundi un accord de désistement réciproque pour les élections sénatoriales qui auront lieu le 29 novembre prochain, en même temps que les législatives.
Une alliance qui en France serait inconcevable. Dans plusieurs circonscriptions sénatoriales, le Partido Popular (droite classique, équivalent en France de LR) ne présentera pas de candidats ; l’extrême droite de Vox (équivalent en France du RN) en fait de même dans d’autres. L’idée est que les deux partis ne se concurrencent pas dans les circonscriptions clés. Ainsi, le PP ne présentera aucun candidat à Gérone et Tarragone, laissant le champ libre à Vox. À Séville, dans les Asturies et à Grenade, Vox ne présentera qu’un seul candidat, aux côtés de ceux du PP. En revanche, à Valence, par exemple, Vox ne présentera aucune candidature, mais le PP intégrera à sa liste un candidat indépendant proposé par Vox.
Miguel Tellado, directeur de campagne du Partido Popular, s’est montré très satisfait de cet accord. « Sánchez a tenté par tous les moyens de contrecarrer la volonté de changement des Espagnols, mais cette fois, force est de constater que sa stratégie a échoué. Avec cet accord, le Partido Popular et Vox considèrent que le Sénat est indispensable pour faire avancer le processus de reconstruction nationale dont notre pays a besoin », a-t-il déclaré. « C‘est une collaboration intelligente, et les millions d’Espagnols qui souhaitent un changement seront satisfaits du terrain d’entente que nous avons trouvé », a conclu Tellado.
Prendre le contrôle total des institutions
Le but de la manœuvre est d’obtenir un maximum de sénateurs et d’atteindre le seuil des trois cinquièmes de l’hémicycle. Cette majorité renforcée permettrait aux droites de peser de manière décisive sur la composition du Tribunal constitutionnel, avec la nomination de quatre de ses douze magistrats, et sur celle du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ), dont dix membres sont désignés par le Sénat.
Les sondages donnent actuellement le PP en tête et le bloc PP-Vox majoritaire pour les législatives de novembre. Une coalition entre les deux formations pourrait donc gouverner l’Espagne. La droite radicale semble avoir appris de ses erreurs de la campagne de 2023. Vox, soucieux de capter le maximum de voix à droite, était apparu très hargneux envers le PP, accusé d’être une fausse droite, une droite molle. Un ton caïnesque qui a pu pousser certains électeurs conservateurs vers l’abstention. Cette fois-ci, la stratégie des droites semble bien amorcée pour conquérir le pouvoir en Espagne.




