Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a été reçu ce lundi matin à Ceuta par son homologue de Vox, Santiago Abascal.
« Vous êtes le prochain Premier ministre de la France. » Grand raout des droites dures dans l’enclave espagnole de Ceuta. Santiago Abascal, chef de Vox, voit en son cadet Jordan Bardella le futur chef du gouvernement français, après une éventuelle victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle.
Les deux figures de la droite nationaliste ont déjà sorti les trompettes de la victoire. D’un côté, le parti d’Abascal pourrait, pour la première fois de son histoire, faire son entrée dans les ministères espagnols après le scrutin du 29 novembre. En Espagne, il n’existe pas de cordon sanitaire comparable à celui de la France. L’alliance entre la droite du Partido Popular et Vox est créditée de près de 200 députés, voire davantage selon les sondages, dans un hémicycle de 350 sièges. De l’autre, Bardella a reçu la promesse de Marine Le Pen de s’installer à Matignon en cas de victoire de l’extrême droite à la présidentielle de 2027.
De quoi galvaniser le président du RN, qui a déroulé, depuis Ceuta, les grandes lignes de son éventuelle action gouvernementale : « Dès le printemps 2027, (…) la France demandera que la libre circulation dans l’espace Schengen soit exclusivement réservée aux ressortissants européens. La France œuvrera au durcissement de la politique migratoire de l’Europe, qui devra organiser le traitement de l’asile dans les pays tiers et favoriser des centres de rétention en dehors de l’Union. »
Les deux leaders ont mis en scène leur rencontre dans cette enclave espagnole, théâtre d’une crise migratoire majeure à la fin du mois de juillet dernier. Selon les chiffres officiels, 72 000 migrants ont franchi la frontière les 30 et 31 juillet. La majorité est rentrée au Maroc, mais il reste encore entre 20 000 (selon le gouvernement) et 30 000 (selon l’opposition) clandestins dans cette ville de 85 000 habitants.
Jordan Bardella poursuivra sa tournée espagnole demain matin à Madrid, où il doit rencontrer des acteurs de la société civile.



