L’Espagne fait face à l’une des plus graves vagues d’incendies de son histoire. Depuis le début de l’année, 153 000 hectares ont été ravagés par les flammes, soit six fois plus qu’à la même période en 2025. En Ávila, le feu de Burgohondo est désormais considéré comme le plus vaste jamais enregistré dans le pays.
La situation reste extrêmement préoccupante en Espagne ce lundi. Malgré une évolution légèrement plus favorable durant la nuit, plusieurs incendies demeurent actifs dans le centre du pays et dans la province de Castellón. Au total, huit feux se trouvent encore dans une situation jugée exceptionnelle par les autorités.
Selon le ministère espagnol de la Transition écologique, au moins 153 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année. Une superficie six fois supérieure à celle enregistrée au cours de la même période l’année dernière.
Les seuls incendies d’Ávila, de Madrid et de Tolède représentent environ la moitié de ce bilan, avec 77 000 hectares calcinés en quelques jours.
Le plus grand incendie de l’histoire espagnole
Le feu déclaré à Burgohondo, dans la province d’Ávila, a détruit près de 50 000 hectares. Il s’agit désormais du plus grand incendie jamais enregistré en Espagne depuis le début des relevés officiels.
La nuit de dimanche à lundi a permis aux pompiers de progresser, sans toutefois parvenir à contrôler complètement le feu. Des reprises restent possibles en raison des braises et des projections transportées par le vent. Dans le secteur de Sotillo de la Adrada, des particules incandescentes ont notamment franchi une route avant d’être maîtrisées.
Le feu a provoqué l’évacuation de plus de 25 000 personnes dans une quinzaine de communes, tandis que près de 9 000 habitants sont toujours confinés. Un homme soupçonné d’avoir provoqué l’incendie a été interpellé. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait utilisé pendant plusieurs jours une machine lourde pour ouvrir des chemins, malgré l’interdiction de ce type de travaux en raison du risque extrême d’incendie.
Le feu toujours actif dans l’ouest de Madrid
Dans la région de Madrid, entre 25 000 et 27 000 hectares ont été ravagés dans la Sierra Oeste. L’incendie a ralenti sa progression, mais il reste actif et n’est toujours pas stabilisé. Les services de secours surveillent trois fronts principaux. Le plus inquiétant se trouve au nord du réservoir de San Juan, près de San Martín de Valdeiglesias. C’est dans ce secteur que les flammes venues de Madrid ont rejoint par intermittence celles de l’incendie d’Ávila.
Varias dotaciones de #BomberosForestalesCM hemos estado trabajando toda la noche consolidando el perímetro del #IFSierraOeste.
Durante toda esta catástrofe hemos estado con el 100% del operativo disponible. pic.twitter.com/rDjEiKwdLc
— Bomberos Forestales CM (@BBFFMadrid) July 26, 2026
Les pompiers concentrent également leurs efforts autour de la rivière Cofio, de Villa del Prado et de l’urbanisation El Encinar del Alberche, évacuée une nouvelle fois dimanche face à la progression d’un incendie venu d’Almorox, dans la province voisine de Tolède.
Près de 30 000 personnes ont été évacuées dans douze communes madrilènes, tandis que plus de 21 000 habitants restent confinés. Plusieurs retours sont néanmoins prévus ce lundi, notamment dans un camping de l’Escorial évacué avec 4 500 personnes et dans une maison de retraite de San Martín de Valdeiglesias.
Les conditions météorologiques pourraient de nouveau compliquer les opérations. Des rafales atteignant 30 kilomètres par heure sont attendues ce lundi dans la région. Les températures devraient ensuite dépasser localement les 38 degrés à partir de mardi.
Entre Madrid, Ávila, Tolède et Castellón, plus de 110 000 personnes ont été évacuées ou confinées depuis le début de la crise.
6 500 hectares brûlés dans la province de Castellón
L’autre incendie majeur se trouve dans la province de Castellón. Le feu, parti samedi dans un quartier de La Vall d’Uixó, a détruit environ 6 500 hectares à l’intérieur d’un périmètre de 48 kilomètres.
Environ 16 000 personnes ont été évacuées dans dix-huit communes et urbanisations. Près de 64 000 autres habitants sont confinés à La Vall d’Uixó, Onda et Betxí. Les autorités valenciennes ont toutefois observé un ralentissement de la progression des flammes. L’incendie ne serait plus hors de portée des moyens d’extinction, même s’il demeure actif.

Plus de 450 professionnels et trente moyens aériens doivent intervenir ce lundi, dont des appareils envoyés par l’État, la Catalogne, l’Aragon et les îles Baléares. L’objectif est de stabiliser le feu avant la nouvelle dégradation attendue des conditions météorologiques.
Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, doit se rendre ce lundi au poste de commandement installé à La Vall d’Uixó.
Une quatrième vague de chaleur attendue
La ministre de la Transition écologique a appelé la population à la plus grande prudence. Selon les prévisions de l’Agence météorologique espagnole, une quatrième vague de chaleur pourrait commencer mardi 28 juillet.
Le risque d’incendie sera alors très élevé dans une grande partie de l’Espagne. La baisse de l’humidité, la hausse des températures et le renforcement du vent pourraient provoquer de nouveaux départs de feu ou réactiver des zones considérées comme contenues.
Une amélioration a néanmoins été enregistrée à Selas, dans la province de Guadalajara. L’incendie qui avait débuté le mardi précédent a été déclaré éteint dimanche soir après avoir ravagé environ 2 800 hectares et entraîné l’évacuation de six villages.
Ce premier foyer maîtrisé ne suffit toutefois pas à écarter la menace. Après plusieurs jours de lutte, les autorités considèrent que la situation nationale reste exceptionnellement complexe.



