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Interview exclusive de Katherine Pancol

Katherine-Pancol

Equinox Radio a rencontré Katherine Pancol à l’occasion de la traduction de ses livres “Muchachas” en castillan et en catalan. Une interview exclusive de Katherine Pancol durant laquelle l’auteur revient sur ses inspirations et ses romans. 

Equinox Radio : Vous venez de sortir une nouvelle trilogie Muchachas on y retrouve les mêmes personnages que dans la trilogie précédente – soit les yeux jaunes des crocodiles, la valse lente des tortues et les écureils de central park sont tristes le lundi – pourquoi avoir continuer leurs histoires ? C’est un attachement à eux ou le succès qui vous a incité à continuer ?

Katherine Pancol : Quand j’écris je ne prévois pas grand chose, ce n’est pas une trilogie. C’est un livre qu’on a divisé en trois car il fait 1500 pages. On s’est dit qu’un seul livre ne serait pas pratique à transporter dans un sac et une valise. C’est la même histoire donc on est obligé de lire le 1, le 2 et le 3. Je voulais faire un livre très court. Quand j’ai commencé à écrire, j’étais à New-York. Je me promenais dans les rues et tout d’un coup j’ai entendu la voix d’Hortense qui m’a fait rire. Je regardais les gens et elle me disait “qu’ils sont laids pas étonnant que j’ai autant de succès”. Donc j’ai pris cette phrase, qui est devenu la première du livre. J’ai remis dans l’histoire Hortense, Gary, Joséphine et heureusement, car ça donne de la légèreté à une histoire un peu sombre.

ER : Dans cette nouvelle trilogie, vous y abordez le thème des femmes battues, pourquoi ?

KP : Il y a beaucoup de femmes battues qui n’osent pas parler, elles ont honte, elles ont peur. J’ai eu envie d’en parler, de rentrer dans la tête de l’homme qui est violent et de la femme qui se laisse maltraiter, j’avais envie de savoir comment on pouvait en arriver là. J’ai assisté à une scène dans le sud de la France, j’ai vu une femme se faire tabasser devant moi et je n’ai rien pu faire, car quand j’ai voulu intervenir j’étais moins forte physiquement que l’homme. J’étais comme la femme, réduite à me taire. Et j’ai écris.

ER :A travers ce livre vous souhaitez transmettre un message, sensibiliser les gens à ce sujet ?

KP : On en parle avec la Journée de la femme battue une fois par an. Mais j’avais envie de leur dire on peut y arriver, on peut s’en sortir et ce n’est pas une fatalité. J’ai interviewé beaucoup de femmes battues qui s’en étaient sorties, j’ai voulu parlé de ce problème car on peut tous tomber sur quelqu’un qui ne nous traite pas bien, sans aller jusqu’à être battu, mais qui vous ôte la dignité et l’identité. Ces femmes n’ont plus aucune fierté d’être, elles deviennent des épaves, très souvent elles se mettent à boire, elles deviennent des “non êtres humains”.  J’avais envie de dire que ce n’est pas une fatalité de mourir sur les coups d’un compagnon. La scène à laquelle j’ai assisté était tellement violente, ça m’a vraiment pris la tête et je n’étais plus pareille après. Moi ma seule arme pour lutter contre cette violence ce sont les mots, j’ai utilisé ce que je sais faire.

ER : De façon générale, vos personnages sont très réalistes, on peut même s’y identifier, pensez vous que c’est ce qui a fait le succès de vos livres ?

KP : Je ne sais pas, peut-être que les gens peuvent s’approprier les personnages. Je ne veux pas me poser ce genre de questions. Si moi je me mets à étudier comment Katherine Pancol écrit c’est horrible, je vais parler de moi à la troisième personne, me faire des révérences devant la glace. Ça va devenir comme Alain Delon quand il parle d’Alain Delon, c’est un peu embarrassant (rires). On a envie de lui dire “tu es juste un être humain”. Je ne me pose pas ce genre de questions.

ER : Allez-vous écrire une suite aux Muchachas ?

Oui je vais écrire un Muchachas 4 car à la fin du 3, je boucle l’histoire de Léonie en lançant d’autres pistes, donc il faut au moins que je boucle ces pistes.

ER : Les yeux jaunes des crocodiles a été adapté au cinéma (par Cécile Télerman), est-ce que vous avez vu le film et si oui qu’est-ce que vous en avez pensé ?

KP : J’ai vu le film car dans mon contrat j’avais une clause disant que si je voulais je pouvais retirer mon nom et le titre du livre. Les acteurs étaient très bons. Je trouve que c’est difficile d’adapter un livre de 650 pages en 2h de cinéma. Il y a des choses qui ont été laissé de côté mais je ne me suis pas senti trahi. Je n’ai pas trouvé que c’est un grand film.

ER : Vous êtes aujourd’hui à Barcelone pour présenter Muchachas, beaucoup d’auteurs sont aussi venus comme Amélie Nothomb ou Guillaume Musso, pourquoi venir à la rencontre du public barcelonais ?

Parce que Barcelone ! Pourquoi vous aimez Paris, parce que Paris, pourquoi vous aimez New-York parce que New-York. Barcelone est une ville incroyablement vivante, belle, il se passe quelque chose à Barcelone, ce n’est pas Vesoul. Je trouve que c’est une ville très attirante. J’aime beaucoup la mer et les ports (rires).

ER : Barcelone : peut-être un décor pour un futur film ?

On ne sait jamais, ça vient quand on écrit.

 Écouter l’interview intégrale de Katherine Pancol sur Equinox Radio