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Smart City – Comment l’innovation et la technologie changent la vie des Barcelonais

De simples initiatives comme des innovations technologiques font de Barcelone une ville intelligente. Grâce à des applications ou des transports en commun plus écologiques, la capitale catalane transforme le quotidien et la qualité de vie de ses habitants.

Le concept de villes intelligentes (ou smarts cities en anglais) était encore méconnu il y a quelques années. Aujourd’hui, de plus en plus de communes ont décidé de le devenir en changeant la vie de leurs habitants. Amsterdam, Bogotá, Nice ou Barcelone, elles sont désormais présentes sur tous les continents. Selon le classement 2016 de Juniper Research, la capitale catalane se place comme la seconde smart city au monde. Pas mal.

Pour en arriver là, Barcelone remplit les critères d’une ville intelligente, c’est-à-dire qu’elle améliore le quotidien des citadins, d’un point de vue social, environnemental et économique. Que ce soit rendre l’espace public plus accessible aux piétons, réduire la pollution avec des bus électriques ou faciliter les déplacements pour se rendre au travail, tous les aspects sont pris en compte. Si ce concept reste encore incompris pour beaucoup, les experts dans le domaine parlent pourtant d’une véritable révolution pour la société, se traduisant par un changement des habitudes et même une création d’emplois.

“Le citoyen devient actif”

La technologie n’est pas l’idée directrice des villes intelligentes. Le citoyen est celui qui est au coeur du projet. Il est directement impliqué en tant que cible et acteur. Par exemple, des concepts d’économie collaborative comme Blablacar ou Airbnb illustrent parfaitement cette idée. Les habitants entrent en contact directement les uns avec les autres, sans l’aide d’une institution, afin de s’entraider et de profiter d’un moyen de transport ou d’une location de logement.

Selon Didier Grimaldi, professeur en stratégie, entrepreunariat et innovation à la Toulouse Business School, le citoyen doit comprendre que “la ville lui appartient”. Interrogé par Equinox, il explique qu’en “Europe, la culture de l’entrepreneurship est plus faible, ce qui signifie que nous avons une tendance à attendre que les entreprises et administrations gèrent pour nous (…). Dans une ville intelligente, les gens doivent comprendre qu’il est nécessaire de passer de passifs à actifs, car ils possèdent tous les outils pour co-construire”. 

Projet de Smart City Campus à Barcelone

Barcelone, ville pionnière ?

Depuis plusieurs années, la ville de Barcelone multiplie les initiatives pour se positionner en tant que référence en la matière. Cette volonté amène les habitants à s’impliquer dans leur ville pour améliorer leur qualité de vie. Le Plan Barcelone Ville Digitale de la mairie en est un exemple. Il existe également le programme Vincles qui a été lancé en ce début d’année. Il s’agit d’une application pour smartphones et tablettes réservée aux personnes âgées qui vivent seules. Facile à utiliser, elle leur permet d’entrer en contact avec leurs proches et les services de la mairie en cas de besoin. Elle est également reliée avec les commerçants et voisins. Si l’un d’eux remarque l’absence de l’utilisateur, elle peut le signaler via l’application.

Pour les plus jeunes, la ville participe à Camino escolar. Ce projet permet aux enfants de se rendre à l’école seuls à partir de 8 ans. Des indications colorées sur les routes et la mise à contribution des commerçants assurent un chemin en toute sécurité. Par la même occasion, les boutiques en profitent pour se faire connaître auprès des familles des enfants. Les habitants ne s’en rendent pas toujours compte, mais le modèle de ville intelligente est quasiment omniprésent dans la vie quotidienne à Barcelone. Par exemple, outre leur côté pratique, l’efficacité des applications de transports en commun incitent les Barcelonais à utiliser davantage les bus et métros, ce qui permet de réduire la pollution.

Soutenir les entreprises locales

L’objectif à long terme est de faire de la capitale catalane “une ville autosuffisante et que tous les quartiers soient optimisés” selon Josep-Ramon Ferrer, ancien responsable “Smart Cities” à la mairie de Barcelone. Pour lui, “il faut penser grand”. Durant une conférence à la Toulouse Business School, il a expliqué que Barcelone doit réfléchir comme elle l’avait fait pour les Jeux Olympiques de 1992: “à cette époque on n’a pas seulement pensé pour les mois à venir, mais pour les 25 prochaines années (…) devenir une smart city ce sont les nouveaux JO de la ville”.

Pour Didier Grimaldi, la capitale catalane a parfaitement compris comment développer son intelligence. “Les administrations publiques manquent d’argent pour développer des initiatives en ce sens (…) 90% de la ville appartient au secteur privé, c’est donc lui qui a le pouvoir de le faire”. À défaut de pouvoir financer de nombreux projets, Barcelone a décidé de mettre à disposition ses infrastructures. Ainsi, les entrepreneurs peuvent tester leur projet en grandeur nature dans les rues de la ville. Ils sont même autorisés à amener leurs clients voir le résultat sur les lieux, une façon d’aider les PME locales à se développer. Chaque jour, de multiples projets sont expérimentés dans les rues de la ville. “La mairie a défini son propre standard” ajoute le spécialiste.

L’ONU a choisi d’installer un bureau de son département d’Habitat à Barcelone et ce n’est pas un hasard selon Didier Grimaldi. La ville possède une vraie dynamique et représente un écosystème intéressant. Mais à cause de son manque d’argent, elle se place plutôt comme “numéro 1 en ville pilote et marketing” pour l’instantÀ la fin de l’année, Barcelone accueillera le Smart City Expo World Congress, un événement majeur qui présentera les différents enjeux de demain.