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La droite espagnole cherche une crise diplomatique avec la Belgique

independance catalogne

Pour un certain secteur de la droite espagnole, une crise diplomatique avec la Belgique empêcherait la cérémonie d’investiture que veut organiser Puigdemont pour se convertir à distance en président de la République catalane.

José Antonio Zarzalejos est probablement l’incarnation physique d’un certain courant de pensée qui règne dans la capitale espagnole. Journaliste dans les plus grands titres conservateurs du pays, écrivain réputé dans les milieux droitiers et proche de l’ancien premier ministre José-Maria Aznar, lui-même ami personnel de Nicolas Sarkozy.

La parole de Zarzalejos pèse, car elle est partagée par beaucoup d’esprits de l’intelligentsia madrilène. Hier, dans l’ultra-conservateur journal El Confidencial, José Antonio Zarzalejos se désole à voix haute que la Belgique ne prenne pas des mesures à l’encontre de Carles Puigdemont. L’ancien président de la Catalogne, qui réside à Bruxelles depuis plus de trois mois, enchaîne les conférences de presse chocs depuis la capitale belge, se réunit d’une manière hebdomadaire publiquement avec ses amis indépendantistes. Surtout, Puigdemont prévoit, a priori la semaine prochaine, une investiture qui le convertirait, depuis Bruxelles, en président de la République catalane. Les députés et maires indépendantistes feraient le déplacement pour constituer une Assemblée des élus et déclarer triomphalement Puigdemont président du Conseil de la République catalane. Les indépendantistes ne cachent pas leur désir d’humilier et de ridiculiser l’Espagne depuis la Belgique en intronisant Puigdemont président.

Silence belge

L’ambassadrice espagnole à Bruxelles Cecília Yuste se démène pour que le gouvernement belge prenne position contre Carles Puigdemont. Dans son panflet, José Antonio Zarzalejos se désole du fait que l’exécutif belge opte pour un silence radio assourdissant. Le premier ministre Charles Michel est dans une situation politique inconfortable, il gouverne le pays avec les nationalistes flamands qui soutiennent ouvertement Carles Puigdemont. Prendre position contre l’ancien président de la Catalogne pourrait ouvrir une crise politique rompant le gouvernement belge. Donc Charles Michel se tait et se borne à constater que le leader catalan est un citoyen comme les autres.

Le juge du Tribunal suprême qui instruit le dossier contre Puigdemont a retiré le mandat d’arrêt européen en décembre dernier, devant le fait que la justice belge n’allait finalement pas extrader l’ex-président. Aujourd’hui, comme à tous les Européens résidents en Belgique, s’applique à Puigdemont la directive 2004/38 qui stipule que si il n’y a pas de motifs d’ordre public, de sécurité publique ou de santé publique, il est impossible d’expulser un citoyen du pays.

Bruit catalan

Devant le silence de la Belgique face au bruit politique que fait Puigdemont, les secteurs les plus conservateurs de Madrid pensent qu’il est grand temps de déclencher une crise diplomatique avec le gouvernement belge. José Antonio Zarzalejos et ses nombreux amis pensent que Mariano Rajoy doit “attaquer” publiquement le gouvernement belge pour que celui-ci se positionne contre Puigdemont.

Les conservateurs ne supportent plus que le premier ministre Michel explique que c’est “l’Espagne qui a un problème politique avec Puigdemont et pas son pays”. Les faucons espagnols pensent qu’il est grand temps d’aller au clash avec la Belgique. Le but est d’empêcher la cérémonie d’investiture présidentielle que veut organiser Puigdemont pour se convertir à distance président de la République catalane.

L’éventuelle candidature indépendantiste de Puigdemont, toujours depuis Bruxelles, aux élections européennes de 2019 donnent des sueurs froides à l’Espagne. Mariano Rajoy, comme souvent, n’est pas chaud. Et pour cause, si deux États européens, l’Espagne et la Belgique, s’affrontaient dans une grave crise diplomatique, c’est le Conseil de l’Europe et les pays majeurs comme la France et l’Allemagne qui devraient intervenir. Le pire des cauchemars pour Mariano Rajoy.


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