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E. Razavi: “Nous voulons réinventer la géopolitique depuis Barcelone”

Dépoussiérer la géopolitique en alliant le travail des chercheurs à celui des journalistes de terrain, c’est le projet du grand reporter Emmanuel Razavi et du patron de presse Thomas Barbier, piloté à Barcelone par Eric Doucet.

Photos:A.Ricard/Equinox

Ces trois Français qui ont en commun une longue trajectoire internationale et la passion du travail de terrain viennent de lancer GlobalGeoNews, plateforme innovante d’information et analyse géopolitique destinée aux entreprises et décideurs. Rencontre à Barcelone avec Emmanuel Razavi.

Pourquoi avoir créé une nouvelle agence d’analyse géopolitique, alors qu’il existe déjà tant de sites et revues?

La géopolitique a besoin d’être dépoussiérée. L’idée de GlobalGeoNews est née il y a quelques années, avec Thomas Barbier. Nous pensions qu’il était nécessaire de créer un média qui révolutionnerait la géopolitique, qui la réinventerait. J’ai étudié à Sciences politiques et j’ai fait une thèse sur le Golfe Persique et le Détroit d’Ormuz. La méthodologie que j’ai alors apprise était extraordinaire, mais la géopolitique restait quelque chose de simplement institutionnel, de savant. Il manquait l’expérience du terrain, un regard, des points de vue qui permettraient ensuite aux chercheurs de travailler et de décrypter.

Aujourd’hui par exemple, la plupart des chercheurs ne peuvent plus aller en Syrie ou en Irak parce que leurs laboratoires les en empêchent. Mais nos reporters peuvent s’y rendre, connaissent vraiment le terrain et peuvent leur ramener de la matière à analyser et décrypter. Notre démarche a vraiment été de réinventer la géopolitique et de faire collaborer chercheurs et journalistes. Des géopolitologues de renom ont vite adhéré à notre projet et font désormais partie de nos contributeurs, comme Alexandre Del Valle ou Frédéric Encel, les deux grands auteurs de best-sellers géopolitiques actuellement en France. Car il existe des milliers de sites de géopolitique, mais qui sont souvent faits par des gens qui ne vont pas sur le terrain. Nous, ce qui nous intéressait, c’était de créer un site d’informations à destination des entreprises.

Les analyses de GlobalGeoNews sont donc uniquement destinées aux professionnels?

Même si certains contenus seront diffusés chaque semaine en accès libre, nous avons en effet créé un site B2B qui touche uniquement les entreprises et les institutions, car elles ont besoin d’informations utiles, étant présentes au Maghreb, au Moyen-Orient, au Proche-Orient, en Asie centrale, du Sud, du Sud-Est, des zones que nous couvrons.

Par exemple dans le cas pratique de la décision de Trump de sortir de l’accord sur le nucléaire, les questions qui se posent pour les entreprises c’est “doit-on rester en Iran, doit-on continuer à investir en Iran et surtout pourra-t-on continuer à le faire?”. Par nos reportages et nos décryptages, nous leur apportons des réponses, avec des scénarios basés sur l’expérience du terrain.

Les grandes entreprises n’ont-elles pas déjà des départements effectuant analyse et prospective?

En effet, toutes ces entreprises font déjà de la prospective, mais elles se basent sur les analyses de grandes agences d’information anglo-saxonnes, comme Bloomberg ou Reuters. GlobalGeoNews veut se placer comme une alternative aux agences anglo-saxonnes, sans parti pris, en apportant du factuel dénué d’idéologie. Par exemple, depuis décembre, ces agences conseillent aux entreprises de quitter l’Iran, indiquant qu’une nouvelle révolution se prépare. Et quitter complètement un pays coûte très cher aux entreprises.  Nous, nous leur offrons plutôt des analyses, de la prospective, sur huit et douze mois, nous leur donnons les tendances et des informations sur ce qu’il peut se passer pour qu’elles puissent prendre leur décision. Nous livrons des faits et des scénarios, grâce à nos correspondants en Iran et à nos différents experts.

Pourquoi avoir basé cette agence internationale à Barcelone?

Barcelone est une grande capitale méditerranéenne et la Méditerranée est au coeur de notre ligne éditoriale puisque nous couvrons le bassin méditerranéen et le Moyen-Orient. C’est une ville à la croisée des chemins où transitent et vivent aussi de nombreux géopolitiques, des grands reporters, des chercheurs, notamment avec la présence de l’Union Pour la Méditerrannée. Grâce à son aéroport international, beaucoup de journaliste choisissent aussi de se baser à Barcelone pour aller couvrir le Proche-Orient et pour nous, tout cela est très intéressant. Et évidemment, mais c’est un argument plus personnel, la qualité de vie y est exceptionnelle!

En accès libre : Iran – Qui sont les mollahs?