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NOTRE AVIS – Les traditions secrètes dans l’art : l’expo au CCCB de Barcelone

La lumière noire (La llum negra) s’expose en ce moment au Centre de Cultura Contemporània de Barcelona (CCCB). Le pitch est simple et à la frontière du main-stream : dévoiler les traditions secrètes dans l’art des années 50 à nos jours.

L’énoncé peut glacer d’effroi le public exigeant n’ayant pas envie de perdre deux heures dans des histoires de complotisme. Une expo au CCCB dans ce domaine ne pourra jamais rivaliser avec le flux contemporain déversée quotidiennement par certains utilisateurs des réseaux sociaux qui abreuvent de révélations, de décryptages de complots aussi dingues qu’inexistants.

Non, l’exposition commissariée par l’écrivain Enrique Juncosa ne se trouve pas dans ce domaine. La llum negra se compose de deux parties. La première nous semble la plus intéressante. L’étage du CCBB est envahie de créations, d’œuvres, de films, dont les auteurs ont pris toutes sortes de drogues. Les artistes cherchent à démontrer que les substances leur permettent de créer des œuvres puissantes. L’apologie de la drogue n’est pas loin. L’art est subversif. 

Souffrance

Le summum en la matière est probablement atteint par Henri Michaux. Écrivain, poète, l’artiste belge naturalisé français en 1955 est adepte de la Mescaline, un puissant hallucinogène. Paradoxalement, jusqu’à l’âge de 59 ans Michaux n’a jamais touché une drogue, à part de l’éther. Avant de fêter ses 60 ans, Henri Michaux perd sa femme dans des circonstances tragiques : un accident de la route particulièrement violent. Sans que l’artiste ne fasse publiquement le lien, c’est à partir de ce moment qu’il va commencer en abondance la consommation de drogues et publier une série d’œuvres où la pratique de l’écriture et du dessin se sont conjugués. L’art de Michaux est lourd, triste et dépressif.

L'autoportrait des amitiés - Henri Michaux

On est surpris de voir l’artiste préféré de la bourgeoisie catalane Antoni Tàpies dans cette expo. L’on est plus habitué à voir les œuvres de cet avocat dans les ministères  catalans ou au parlement. Il y a effectivement un côté plus sombre de l’artiste favori des bobo. A la fin des années 40. Tapies et le peintre  Joan Ponç ont fondé la revue Dau al set et s’intéressèrent particulièrement au travail de Paul Klee, psychanalyste surréaliste. Tápies et Ponç furent fascinés par l’univers onirique et visionnaire de Klee, qui influença certaines de leurs oeuvres.

Antoni Tàpies: Personatge, 1946

La seconde partie de l’expo est moins profonde et plus “freaky”. Elle traite de l’ésotérisme, de l’occultisme et l’on frôle souvent une ambiance sectaire. A noter cependant le très artistique film de 8 minutes : Easter Morning de Bruce Conner qui conclut l’exposition.

Expo Llum Negra CCCB Barcelone – Infos pratiques

Plus d’infos ici

Dates: Jusqu’au 21 octobre

Horaires: Du mardi au dimanche 11h à 20h

Prix: 6€ entrée générale – 4€ moins de 25 ans, carnet de la bibliothèque et retraités – Gratuit moins de 12 ans, chômeurs, et pour tous le dimanche après 15h

Adresse: CCCB, Carrer de Montalegre, 5, 08001 Barcelona

Transport: Arrêt de métro Universitat (lignes 1 et 2) et Catalunya (lignes 1 et 3)