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POLEMIQUE – Des appartements capsules en location à Barcelone

Les logements capsules, composés de chambres qui n’excèdent pas les 3 mètres carrés, seront disponibles prochainement à Barcelone. La polémique ne désemplit pas autour de ce projet immobilier.

Il y a quelques semaines, la startup Haibu 4.0, a annoncé l’implantation à Barcelone d’appartements capsules, où chaque chambre fait moins de 3 mètres carrés. Ces “pisos colmena” comme ils sont appelés en espagnol, se composent d’une cuisine, d’une salle de bain et de plusieurs cabines. Ces dernières font office de chambres, en abritant un lit. Elles s’étendent sur 2,20 mètres de longueur et 1,20 mètre de largeur. Une cabine se loue 200 euros par mois, toutes charges comprises, dont les frais de ménage et accès aux parties communes.

Les logements de ce type ont fait leur apparition il y a plusieurs années en Chine et au Japon, face à la pénurie d’habitats à prix accessible. Les médias les surnommaient les “maisons-cages” ou “cabines-cercueils”. Dès l’annonce de ce projet, les réactions ne se sont pas faites attendre à Barcelone. Le promoteur immobilier prévoit d’implanter son projet au 114 de la carrer de la Constitució dans le quartier de La Bordeta, à Sants-Montjuïc. Mais les travaux ont été arrêtés en septembre par la mairie car ils ne respectaient pas “la législation en vigueur”. Janet Sanz, adjointe au maire en charge de l’urbanisme, la mobilité et l’écologie, déclarait que “cette proposition n’a pas sa place dans la ville”.

Protestations

Le débat a été relancé samedi dernier. Alors qu’Haibu 4.0 organisait la présentation d’un appartement pilote à L’Hospitalet de Llobregat, en banlieue de Barcelone, la Guardia Urbana a fermé l’espace à midi pour des raisons administratives. La maire Núria Marín a déclaré sur son compte Twitter qu’elle ne souhaite pas d’appartement de ce type dans sa commune car elle défend “l’accès au logement digne pour tous”.

Lundi 8 octobre, ce sont des activistes qui s’en sont pris au local du quartier de La Bordeta à Barcelone. Ils ont occupé les lieux symboliquement durant plusieurs heures pour demander l’arrêt définitif des travaux, avant de distribuer des communiqués réclamant un logement digne pour tous. Des responsables d’Haibu 4.0 sont même intervenus pour défendre leur projet.

Proposer des logements à prix accessible

À Barcelone, les prix des loyers n’ont jamais été aussi élevés et ils ne cessent d’augmenter depuis quelques années. En moyenne, selon Incasòl, un logement se loue 916,33 euros/mois au second trimestre de l’année 2018, ce qui représente une hausse de 5,9% par rapport à la même période en 2017. Haibu 4.0 s’est lancé pour répondre aux besoins des habitants, avance l’une des promotrices du projet.

Interviewée par Equinox, Victoria Cerdan explique que l’objectif est de fournir une “solution aux personnes qui ne peuvent pas se loger face aux prix du marché exagérés”. Elle ajoute que la municipalité“tente d’y répondre en construisant des logements sociaux, mais le processus est très lent, des habitants doivent attendre plus d’un an.” L’entreprise dit avoir été très surprise de la réaction de la mairie de Barcelone, son objectif n’étant pas de s’opposer à elle mais d’aider les personnes n’ayant pas de toit.

Selon la promotrice, l’entreprise possède une licence basique légale pour effectuer ces travaux. “À La Bordeta tout a été arrêté, soi-disant en raison d’une mesure de mur non respecté, peut-être ils ont des reçu des pressions de d’autres promoteurs immobiliers pour nous bloquer. Ils vont chercher le moindre détail pour nous arrêter,  mais nous irons jusqu’au bout car nous sommes dans la légalité”. Trois autres projets sont en cours de construction à Barcelone: un de 30 places, un de 50 et un de plus de 100. Les adresses sont gardées secrètes pour éviter d’autres perturbations. Ils ouvriront avant la fin de l’année 2018, assure Victoria Cerdan.