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Les indépendantistes face à leurs divisions

Le mouvement indépendantiste perd de la force avec ses divisions permanentes et publiques.

Hier, sur le réseau social Twitter, le vice-président centriste du parlement catalan Josep Costa et l’ancien député d’extrême-gauche Quim Arrufat discutent d’une manière animée. Les deux hommes sont profondément indépendantistes et leur échange épistolaire digital public a pour objet la proposition de Carles Puigdemont : créer une liste commune indépendantiste aux élections européennes de mai prochain.

Se présenter de façon unitaire pour un mouvement qui n’arrive pas à dépasser les 50% aux élections est une question de bon sens pour de nombreux électeurs. La proposition de Carles Puigdemont est de se greffer sur la candidature déjà présentée par son ancien vice-président actuellement incarcéré Oriol Junqueras, le chef de la gauche républicaine (ERC). L’ancien président propose aussi, afin de forger l’unité, d’inclure en troisième position sur la liste électorale européenne l’ancienne députée d’extrême-gauche, aujourd’hui exilée en Suisse, Anna Gabriel.

Carles Puigdemont essuie une double fin de non-recevoir : ERC estime être en position de force aux prochaines élections si l’on en croit les sondages et refuse de partager le butin électoral avec Carles Puigdemont et ses amis, mal placés dans les enquêtes. La Cup, et c’est tout l’objet de la conversation Twitter entre Costa et Arrufat, opine que les partis indépendantistes n’ont plus rien en commun, depuis que seule l’extrême-gauche propose la voie de désobéissance unilatérale face à l’Espagne.

Toujours dans ces échanges de tweets, qui résument parfaitement l’ambiance du microcosme catalan, Josep Costa essaie de convaincre le Cupero du bien fait d’internationaliser la cause indépendantiste avec une victoire éclatante de la liste unitaire aux européennes. Pourquoi internationaliser un processus indépendantiste qui ne mène à rien puisque les dirigeants séparatistes ne veulent plus aller de l’avant, assène l’ancien député de la Cup.

Le mouvement séparatiste d’Ecosse, qui est l’exemple permanent des indépendantistes catalans, est représentée par le Parti national écossais, placé au centre-gauche. En Catalogne, un parti unique est considéré par la classe dirigeante comme un blasphème. Les 48% d’électeurs indépendantistes se repartiront entre la formation soutenue par Carles Puigdemont, la gauche Républicaine et l’extrême-gauche de la Cup.

Seule la sentence du procès indépendantiste attendue l’été prochain devrait offrir un discours commun de tous les secteurs indépendantistes pour protester contre la répression espagnole. Ça ne sera pas pour autant une histoire d’amour. L’union ne sera que l’aventure d’une soirée après l’annonce du verdict.