Oriol Junqueras “Avant d’être des indépendantistes, nous sommes de bonnes personnes”

par Nico Salvado
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L’ancien vice-président du gouvernement catalan Oriol Junqueras, après 469 jours de silence en raison de son emprisonnement, s’est exprimé publiquement lors de son interrogatoire devant le Tribunal suprême.

Selon le Statut de la Catalogne lorsque que le président de la Generalitat est en déplacement à l’extérieur, c’est le vice-président qui assume ses fonctions. Dans le même ordre d’idée, dans ce procès, Carles Puigdemont étant en exil, c’est Oriol Junqueras qui de fait en devient le principal responsable.

Costume sobre, cravate et veste noires sur chemise blanche, Junqueras a d’ailleurs pris les habits d’un président de la Catalogne. L’homme ne renonce à rien, revendique tout. Le parti qu’il préside Esquerra Republicana de Catalunya (la gauche républicaine de Catalogne) est un mouvement pacifique qui existe depuis 90 ans sans avoir à pâtir d’un seul fait de corruption, insiste à la barre un Junqueras qui n’a pas perdu sa volubilité. Un argument visant à doublement tacler les droites espagnole de Mariano Rajoy et catalane de Carles Puigdemont, ravagées par la corruption.

Devant ses juges, Junqueras, qui refuse comme la loi l’y autorise de répondre aux questions du procureur mais seulement à celles de son avocat, développe son habituel argumentaire : l’indépendantisme est un mouvement pacifiste et n’a commis aucun délit.

Pacifisme

Si le mouvement indépendantiste prenait un caractère violent, Junqueras affirme que non seulement il s’en désolidarisait mais qu’en plus il le combattrait. “Avant d’être indépendantistes nous sommes démocrates, avant d’être démocrates nous sommes de bonnes personnes” se défend Junqueras. “Qui a le droit d’interdire la Catalogne d’être indépendante, où est-ce écrit?” s’interroge à voix haute l’ancien vice-président.

La Suède, le Danemark, le Royaume-unis et le Canada ont autorisé l’exercice de l’autodétermination, ajoute l’historien.

Enfin Junqueras, qui est candidat aux élections européennes du 26 mai, a fait un plaidoyer en faveur de l’Europe fédérale, faisant remarquer qu’il fut un temps euro-député chez les écologistes au sein du groupe le plus pro-européen du parlement.

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