Procès Indépendantistes – La question de la violence au cœur des débats

par Nico Salvado
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Dix-sept. C’est le nombre d’années de prison que risque Joaquim Forn, l’ancien ministre catalan de l’Intérieur de Carles Puigdemont. A la tête des 17.000 Mossos d’Esquadra, avec le parquet qui retient le motif aggravant de violence durant le processus d’indépendance en septembre et octobre 2017, Forn est sous pression. 

L’armoire à glace d’1 mètre 87 et à la centaine de kilos est très nerveux et tremble devant ses juges. Le procureur espagnol est lui extrêmement agressif. Tout au long de l’interrogatoire, le responsable du parquet utilise l’expression “représentant légal de l’État espagnol en Catalogne” au lieu de “président de la Generalitat” pour se référer à Carles Puigdemont. La forme est donnée. Le fond est aussi radical. Le procureur déroule les faits sous la lecture de la Guarda Civil et du magistrat instructeur Llarena : la violence est omniprésente durant l’automne indépendantiste et Forn a manipulé le corps des Mossos pour mettre la police au service de la sécession.

20 septembre 2017

Le parquet a passé une grande partie de son intervention à poser des questions sur les faits du 20 septembre 2017. Plus de 60.000 personnes selon le procureur ont empêché la police espagnole de mener normalement une perquisition contre le référendum au siège du ministère de l’Économie catalan. Ici, l’ancien ministre de l’Intérieur voit seulement les citoyens exercer librement le droit à la protestation. Il rappelle que la Constitution n’interdit pas le droit de protester contre les décisions d’un juge, en l’espèce contre la perquisition du ministère de l’Économie.

Joaquim Forn affirme avoir fait son travail. Ce 20 septembre 2017, il est entré en contact avec le chef de la police de l’époque Josep Lluís Trapero et les présidents de l’ANC et Omnium qui ont convoqué la manifestation. Le but était selon Forn d’exercer une médiation, afin de diminuer la tension de la manifestation sur le terrain. Forn dénonce que le ministère public a réécrit la journée de manière hollywoodienne. Prenant l’exemple d’une secrétaire judiciaire qui a dû “sauter par dessus un toit pour quitter le ministère” selon l’acte d’accusation du parquet, Forn corrige que cette dame a dû simplement sauter un muret d’un mètre et demi.

Si violence il y a eu du point de vue de Forn, c’est uniquement en raison d’actions erronées de certains corps de sécurité le jour du référendum. Les images qui ont choqué internationalement montrent la police espagnole charger d’une manière disproportionnée et frapper les citoyens venus voter.

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Les Mossos étaient mobilisés selon l’ancien ministre : 8.000 agents sur le terrain. Un chiffre historique affirme Forn. Politiquement, Joaquim Forn a insisté sur le fait que la déclaration d’indépendance du 27 octobre était purement symbolique : le gouvernement catalan n’a envoyé aucun courrier ni à l’État espagnol, ni à aucune chancellerie européenne pour indiquer que la Catalogne était un État devenu indépendant.

Joaquim Forn, qui n’est resté en fonction que quatre mois, est pourtant devenu populaire au sein de la société catalane pour la gestion rapide des attentats de Cambrils et Barcelone, où les terroristes ont été rapidement abattus par les Mossos d’Esquadra.

Mieux comprendre : écouter le récit de la journée du 20 septembre par les témoins sur place

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