Search for content, post, videos

La France manœuvre pour éviter l’incident diplomatique avec l’Espagne

D’un côté, 41 sénateurs français publient un manifeste appelant “au respect des libertés et droits fondamentaux en Catalogne”, de l’autre le Ministère des Affaires étrangères condamne l’initiative et tente d’éteindre l’incendie avec la diplomatie espagnole.

“Avec une réaction épidermique, la diplomatie espagnole a réussi à transformer un manifeste publié sur un blog en information du jour” analysait ce lundi soir sur twitter la journaliste de France Télévisions Júlia Taurinyà.

Publié hier sur le blog Mediapart du sénateur André Gattolin (LREM), par ailleurs vice-président de la commission des Affaires européennes, ce manifeste a été rédigé par six sénateurs de divers horizons politiques : le républicain François Calvet, le centriste Michel Canevet, le communiste Pierre  Ouroulias, le socialiste Simon Sutour, le non-inscrit Ronan Dantec et donc le macroniste André Gattolin. Il a été signé par trente-cinq autres parlementaires.

Le manifeste s’indigne du procès des leaders indépendantistes et dénonce “la répression d’élus légitimes, représentants politiques de la Generalitat de Catalogne, emprisonnés ou forcés à l’exil pour leurs opinions dans l’exercice des mandats que leur ont confiés les électeurs”. Les sénateurs demandent à la France et aux pays de l’Union européennes d’intervenir “pour rétablir les conditions du dialogue afin de trouver des solutions politiques à un problème politique”.

“La France attachée à une Espagne unie”

Face à la diplomatie espagnole qui a surréagi aujourd’hui en estimant que le texte “démontrait une méconnaissance absolue de la situation espagnole”, le gouvernement d’Emmanuel Macron a été pris de panique. Le Quai d’Orsay a rappelé à l’ordre les sénateurs qui sont pourtant, au nom de la séparation des pouvoirs, libres de publier ou voter les textes qui leur semblent légitimes.

“Il n’appartient pas à la France de s’immiscer dans des procédures judiciaires en cours” précise le Ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant qu’à “l’heure où l’esprit d’unité et de solidarité doit plus que jamais nous guider dans la relance du projet européen, les autorités françaises rappellent leur attachement à une Espagne forte et unie et leur plein soutien aux autorités espagnoles”.

A mots couverts, la France évoque le Brexit. Hier dans une tribune publiée dans le journal catalan La Vanguardia, le ministre catalan aux Affaires extérieures Alfred Bosch pointait du doigt les réflexes impérialistes de la France et l’Espagne qui trouvent leur écho dans des situations telles que, justement, le Brexit. L’incident diplomatique a été évité de justesse, en tous cas pour le moment.