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Le procès des indépendantistes catalans divise la majorité du président Macron

Hier,  41 sénateurs français ont rendu public un manifeste appelant au “respect des libertés et des droits fondamentaux en Catalogne”. Un élu de la majorité du président Macron est à l’origine du texte. Le gouvernement est dans l’embarras.

Publié sur le blog Mediapart du sénateur André Gattolin de la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron, par ailleurs vice-président de la commission des Affaires européennes, ce manifeste a été rédigé par six sénateurs et signé par trente-cinq autres. Le républicain François Calvet (LR), le centriste Michel Canevet, le communiste Pierre Ouroulias, le socialiste Simon Sutour, le non-inscrit Ronan Dantec et donc le LREM André Gattolin sont à l’origine de l’initiative.

Le texte ne demande pas explicitement l’indépendance de la Catalogne mais soutient les 12 dirigeants indépendantistes actuellement jugés à Madrid pour la déclaration d’indépendance du 27 octobre 2017. Les accusés risquent entre 17 et 25 ans de prison. Les parlementaires français demandent la clémence. “Les répressions dont sont victimes des élus légitimes, représentants politiques de la Generalitat de Catalogne emprisonnés ou forcés à l’exil pour leurs opinions dans l’exercice des mandats que leur ont confiés les électeurs” explique le manifeste.

Colère

Sans surprise, l’ambassadeur d’Espagne en France Fernando Carderera a indiqué que ce texte “démontrait une méconnaissance absolue de la situation espagnole de la part d’un groupe minoritaire de sénateurs français”. Une analyse partagée par Manuel Valls. Le candidat à la mairie de Barcelone grince contre ces parlementaires “qui ne représentent que 12%” de la chambre et “qui manifestent une grande ignorance de ce qui se passe en Catalogne”. 

En tous cas, le sujet divise la majorité. Le texte est né sous la plume d’un sénateur macroniste spécialisé dans les affaires européennes. Mais la ministre en charge de ce domaine et candidate au parlement européen Nathalie Loiseau a rapidement réagi, estimant qu’aucun parlementaire “n’a à s’immiscer” car “c’est un sujet qui relève de la responsabilité de l’Espagne”. 

L’indépendance de la Catalogne, sujet clivant même en France.