Le premier ministre socialiste Pedro Sanchez espère rester au pouvoir

par Rédac Equinox Radio Barcelone
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Portrait du premier ministre socialiste sortant, le socialiste Pedro Sanchez.

Ce Madrilène, né le 29 février 1972 possède une licence en sciences économiques. Politiquement, il a toujours été affilié au parti socialiste, conseiller municipal de Madrid avant de devenir député en 2009.

Après les deux mandats de José-Luis Zapatero, cramé par la crise économique, le parti socialiste est malade. Du coup, Pedro Sánchez, illustre inconnu arrive à se faire élire secrétaire général de la formation. Télégénique, Sánchez est invité dans tous les débats politiques, ce qui ne l’empêchera pas de réaliser le plus mauvais score du parti socialiste aux élections de décembre 2015 avec seulement 20,8 % des voix.

Mariano Rajoy a perdu sa majorité absolue. Le Parlement est éclaté entre les conservateurs, les socialistes, la gauche radicale de Podemos et les libéraux de Ciutadans. Pedro Sánchez veut s’allier avec Podemos. La vieille garde de son parti lui interdit et refuse que les socialistes accèdent au pouvoir avec les populistes.

Devant le blocage, une nouvelle législative est organisée. Pedro Sánchez réussit à faire baisser une nouvelle fois le nombre de voix du parti socialiste. Frappé de plein fouet par cette contre-performance, Pedro Sánchez est quasiment expulsé manu militari du parti par la vieille garde réunie autour de l’ancien premier ministre Felipe González. Loin de l’idée de Sánchez de s’allier avec Podemos, le PSOE permet l’investiture de Mariano Rajoy lors du débat parlementaire en septembre 2016.

Pedro Sánchez entame alors une traversée du désert, qui prendra la forme d’une tour d’Espagne à la rencontre des militants avec sa Peugeot 407. Et ça marche. Le 21 mai 2017, avec une ligne très à gauche, il gagne le vote interne au parti socialiste en battant sa rivale centriste qui était soutenue par toute intelligentsia du mouvement. Pedro Sánchez redevient secrétaire général des socialistes et finit sa course en rentrant à la Moncloa, au hasard d’une affaire de corruption de son éternel rival, Mariano Rajoy.

pedro sanchez socialiste

Ce 2 juin 2018, après l’explosion d’une sentence judiciaire dans une affaire de corruption frappant son parti, Mariano Rajoy chuta après que le parlement le destitua. Conformément à loi, le dépositaire de la motion -Pedro Sanchez- devient automatiquement premier ministre.

En revanche, sans majorité socialiste, Pedro Sanchez s’est hissé au pouvoir en pactisant avec les indépendantistes catalans. Un véritable talon d’Achille qui pourrait lui faire perdre le scrutin ce soir. Donc Sanchez mise tout sur son capital sympathie et à la façon mitterrandienne espère faire le plein des voix de gauche effrayées par une alliance entre la droite et l’extrême-droite qui se profile.

En ayant accédé au pouvoir sans gagner les élections,  Pedro Sanchez savait qu’il était un Premier ministre en période d’essai. Le socialiste a profité de ses quelques mois à la Moncloa pour offrir un visage aimable et moderne : gouvernement avec plus de ministres féminins que masculins, hausse historique du SMIC, exhumation du dictateur Franco pour le retirer de l’espace public.

Prudence

Dans cette campagne électorale, le Premier ministre sortant est prudent comme un serpent et met en avant des propositions consensuelles dans la grande lignée sociale-démocrate. Taxer plus fortement les fortunes et les grandes entreprises afin d’égaliser la fiscalité sur les classes moyennes et les plus pauvres.  Cependant, fiscalement le socialiste veut se rapprocher de la France en montant les impôts de manière globale pour créer un RSA. Le total remboursement des médicaments, une loi de protection animalière et la légalisation de l’euthanasie sont également au programme. En revanche concernant la Catalogne, Pedro Sanchez fait profil bas, et annonce simplement qu’il faudra travailler sur le financement des régions.

Pour occuper une nouvelle fois la Moncloa, Pedro Sanchez devra faire alliance à la fois avec Podemos, les nationalistes basques et probablement les indépendantistes catalans.

“Faites que ça passe” est le slogan de campagne de Pedro Sanchez, comme une supplication à ses électeurs : si les socialistes ne remportent pas un scrutin aussi favorable que celui de dimanche, béni par la division en 3 blocs des droites, ils ne gagneront jamais une législative.

 

 

 

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