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Les justiciers du métro de Barcelone en lutte contre les pickpockets

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Face aux innombrables vols quotidiens dans le métro de Barcelone, des habitants ont créé une patrouille à l’affût des pickpockets: ROAR. Elle les dénonce et exige à long terme un changement de la loi.

Photo: Barcelona Residents Against Robbery

Le ras-le-bol des Barcelonais se fait de plus en plus sentir dans la capitale catalane. L’insécurité est devenue la première préoccupation des habitants en janvier dernier, selon le baromètre municipal. Face à cette situation, ils ont décidé de prendre les choses en main, notamment grâce aux réseaux sociaux. Depuis plusieurs semaines, un groupe Facebook réunit de nombreux Barcelonais: Barcelona Residents Against Robbery. Alors qu’il comptait 3.000 membres fin avril, ce sont désormais plus de 6.500 personnes qui en font partie, pour dénoncer chaque jour les vols dont ils sont victimes ou les scènes d’agressions auxquelles ils assistent.

Pour aller plus loin, ils ont décidé de s’organiser. “Nous avons créé les patrouilles pour éviter le vol dans le métro, en raison de la hausse quotidienne de ces délits, nous voulons aider de façon proactive. Nous le faisons pacifiquement en éduquant les passagers ou en alertant toute personne étant sur le point d’être victime” explique Roger. Originaire du Royaume-Uni, le quarantenaire vit depuis sept ans dans la capitale catalane. Il fait désormais partie de ces patrouilles lancées la semaine dernière, qui ne sont pas sans rappeler celles de Guardian Angels de New-York, qui combattaient la violence dans le métro dans les années 80.

La version barcelonaise 2019 repère les pickpockets et les désigne à coup de sifflet pour les faire sortir. Ils préviennent par la même occasion le reste des passagers, ainsi que les agents de sécurité du métro afin qu’ils soient attentifs. À l’heure, actuelle, les patrouilles comptent quatre hommes et quatre femmes, dont Eliana Guerrero. Renommée “l’héroïne des temps modernes”, cette dernière est devenue célèbre il y a quelques années pour dénoncer les voleurs à l’aide de pancartes dans le métro.

Une organisation bien ficelée

Concrètement, les patrouilles se relaient du matin au soir pour mener à bien leur action. Attention “elles ne sont pas ouvertes à tout le monde précise Roger. L’idée est de planifier les itinéraires à l’avance, parler avec la sécurité de la TMB. Seuls ceux du groupe ayant l’expérience et l’entraînement adéquats peuvent faire une patrouille”. Les participants ont un groupe WhatsApp pour organiser les points de rendez-vous et les routes à suivre. Ils connaissent les lignes et les stations où opèrent en grande partie les pickpockets. Durant leurs rondes, ils n’ont pas peur de se montrer. Ils portent un tee-shirt noir logotisé ROAR qui signifie rugir en anglais, mais aussi Residents Organization Against Robbery.

Si l’objectif premier est de faire baisser le nombre de vols, un autre à long terme se cache derrière: un changement de la loi afin qu’elle soit plus sévère. Aujourd’hui, un vol de moins de 400 euros est puni d’une amende. “La police peut donc arrêter plusieurs fois par jour ou semaine un pickpocket qui commet des vols à moins de 400 euros, elle est impuissante face à la loi espagnole, donc le pickpocket recommence. Avant tout, d’un point de vue local, nous avons besoin d’une plus grande présence policière en prévention et pour rassurer les habitants” explique Roger.

En attendant, les première patrouilles se disent satisfaites des résultats “nous sommes contents, nous avons évité de nombreux vols et nous aidons les victimes à récupérer leurs biens et à porter plainte”. Le groupe ne compte pas s’arrêter en chemin. Cette semaine, l’un des administrateurs du groupe a publié une annonce pour recruter de nouveaux volontaires. Une boutique en ligne a même été lancée pour acheter des produits dérivés de ROAR, tee-shirt, serviette de plage, mug ou chaussettes, pour afficher son soutien ou aider à financer des activités futures.