Les livres et rendez-vous littéraires d’août à Barcelone

par Christian Vigne

Tous les troisièmes mercredi du mois, la librairie française Jaimes, sous la plume du libraire Christian Vigne, nous recommande les dernières nouveautés et événements littéraires à Barcelone.

Va-t-on enfin, et cet été, résoudre la question de savoir si nous avons la droite la plus bête du monde ? La proposition, qu’on le veuille ou non, est immodeste ; tant qu’à être mauvais autant prétendre au pire en quelque sorte. Mais on fait fi de la concurrence. Il est vrai qu’un travail de recherche, qui devrait selon une bonne méthodologie se faire au cas par cas, personne par personne, pays par pays, supposerait qu’une équipe consacrât sa vie entière au sujet, l’objet d’observation est mutant, en perpétuel mouvement, nous fait entrevoir l’infini.

Guy Mollet, auteur de la formule, n’a jamais lui-même ni bouleversé la pensée ni même inspiré une quelconque révolution culturelle, fût-elle de salon et ne l’a utilisée somme toute que pour s’étonner que cette supposée qualité intrinsèque de son opposition lui eût autant facilité la tâche. Il est donc assez probable que cette extension au monde n’ait eu d’autre vocation que de donner de l’emphase superlative à la formule. Nous voilà donc autorisés à nous confiner à l’hexagone.

« Vous devriez voir Rachida », aurait dit un ponte de la droite à Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes au « Monde » et auteurs de La Haine. Les années Sarko (éd. Fayard). Définitive introductrice à ce qui va suivre, Rachida Dati, dans une langue pas piquée des hannetons comme disait l’autre, pose le cadre et décrypte. Par exemple « Aller chez les Ewing » signifie rendre visite aux Balkany. De toute façon, Rachida annonce la couleur, commence ses phrases par « Je vais vous faire marrer » et le casting du vaudeville est impressionnant ; ils y sont tous : Copé, Buisson, Guaino, Hortefeux, Bachelot, Fillon… On soupçonnait sans doute que ces gens avaient du mal à s’entendre, qu’à mener le même combat on n’en est contraint ni à l’amour éternel ni même au flirt passager. Un petit vertige saisit toutefois à la lecture.

Il faut bien, du reste, se poser la question de savoir si cette haine n’est pas comme qui dirait fictive, inventée par des plumitifs pour vendre leur camelote car Nicolas Sarkozy, lui-même et excusez du peu, nous narre dans Passions (éd. de l’Observatoire), (qu’il a eu la précaution de mettre au pluriel), que de haine, il n’a jamais eue pour personne. Bien sûr, il y a eu des combats sans pitié, avec Villepin par exemple. (On pourra toujours croiser les narrations clearstreamesques avec le livre précédent). Bien sûr, sa stature lui permet un regard objectif sur ses congénères. Il faut bien simplement constater que François Hollande n’a jamais eu la taille de sa fonction. Qui y verrait une mesquinerie ne comprendrait pas que l’élévation, disons-le, la lévitation générée de façon quasi mécanique par l’exercice de la fonction suprême transforme cette simple observation une vérité historique incontestable. Voici donc l’atteinte de la sagesse et de la sérénité offertes, à la portée de ce peuple qu’il aime tellement et qui n’aura plus l’occasion de le remercier, au moins électoralement, car, promis il ne reviendra pas.

Il y en a d’autres qui regardent la France sans cette sérénité bienveillante acquise dans l’abandon des fauteuils de la République. Barbara Lefebvre, par exemple, dans C’est ça la France (éd. Albin Michel), constate le virage de notre histoire et engage un slalom parmi les hontes et les colères de ladite France qui n’en finit pas d’avoir perdu son patriotisme qu’il faut retrouver coûte que coûte car il est temps d’en finir et de cesser de s’autoflageller en se demandant sans discontinuer ce qu’on a fait pour mériter ça… respiration.

C’est enlevé, parfois lyrique. On aura toujours le loisir de se poser la question de savoir ce que ce livre fait dans une rubrique introduite sous le thème de la droite la plus bête du monde. La sortie prévue le 21 octobre de la Fille de Vercingétorix nous permettra ce renouement avec nos racines gauloises.

Je vous le répète, tous ces sujets et questions seront résolus par Francis Rissin, dans quelques jours, fin septembre, pour ce qui nous concerne chez Jaimes. Car Francis Rissin a dépassé tous les clivages, il est l’évidence de sa fonction, il ne viendrait à l’esprit de personne de douter que sa place est au sommet. Vous finirez vous aussi par le réclamer. Même si vous ne faîtes pas partie de cette population, sans doute minoritaire, attendant le messie, vous trouverez une autre raison.

En bref :

Exposition vente des dessins de la collection « Carnets de voyages » au Petit Palace carrer de la boqueria, 10 organisée par Jaimes et Perspectives Art.

Madeleine LAVAGNA nous propose le premier club de lecture le 30 septembre avec Les rêveurs d’Isabelle Carré. Anne-Sophie Perdreau propose quant à elle la lecture de Obia de Colin Niel pour son club de lecture du 3 octobre. Le tout à la librairie Jaimes.

Les conseils lecture d’été? Lina Wolff, les Amants polyglottes, c’est à mourir de rire, Houellebecq en filigrane.

Et Alain Vircondelet, L’exil est vaste mais c’est l’été : Soleil, plage et Dora Maar.

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