La sentence du procès : la rue catalane va-t-elle s’enflammer ?

par Nico Salvado
indépendance de la Catalogne

Deux tendances s’affrontent au sein de l’indépendantisme: la révolution de la rue contre le dialogue avec le gouvernement espagnol. 

Une sentence historique pour la Catalogne et l’Espagne. Entre fin septembre et mi-octobre, le Tribunal suprême espagnol rendra son verdict dans le procès du référendum du 1er octobre 2017 et de la déclaration d’indépendance du 27.  Le gouvernement Puigdemont, l’ancienne présidente du parlement et deux leaders associatifs risquent entre 17 et 25 ans de prison. Une décision ferme qui permettra également à la justice espagnole de tenter d’appréhender une nouvelle fois Carles Puigdemont via une demande d’extradition auprès de la Belgique.

S’il est sûr que l’indépendantisme descendra massivement dans les rues de Barcelone, il ne fait aucun doute que les souverainistes catalans possèdent la force de frappe manifestante la plus réactive d’Europe, personne ne peut prévoir le caractère de la mobilisation. La masse indépendantiste oscille entre rage, colère, indignation, lassitude, incompréhension. Les divisions politiques des chefs indépendantistes ont fortement déstabilisé les bases. La sentence fera-t-elle oublier, deux ans de rivalités politiques sous fond de prise de pouvoir ? Pas sûr, surtout que la réponse à la sentence est loin d’être unitaire.

Révolution ou dialogue ?

Carles Puigdemont, le président Quim Torra et leur entourage veulent clairement un scénario à la hongkongaise. Une forme de résistance, passant par divers fronts : grève générale, appeler les citoyens catalans à saturer les services administratifs de l’État espagnol présents en Catalogne, manifestations à répétition, utiliser toutes les élections pour revendiquer l’indépendance de la Catalogne. Le plan de Carles Puigdemont est d’user sur plusieurs mois, voire plusieurs années l’État espagnol. Par ailleurs, l’ancien président est persuadé que la justice européenne l’autorisera à devenir euro-député suite à son élection du 26 avril, bloquée depuis administrativement par Madrid.

Puigdemont analyse que la situation internationale évoluera dans les prochains mois, notamment avec un Brexit sauvage, et que les indépendantistes catalans ont un coup à jouer dans ce nouveau scénario. A l’inverse les indépendantistes de gauche, sous la houlette d’Oriol Junqueras incarcéré depuis 2 ans, opinent que la sortie de crise passe par un intense dialogue avec le gouvernement espagnol. La gauche est prête à avaler toutes les couleuvres servies avec gourmandise par Madrid pour obtenir un référendum autorisé légalement.

La première démonstration de force  aura lieu mercredi pour la Diada, la traditionnelle manifestation indépendantiste dans les rues de Barcelone.

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